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Nice: des photos de Paris Match dénoncées par les proches des victimes

Des soldats patrouille dans le centre de Nice, le 12 juillet 2017, à la veille des commémoration de l'attentat meurtrier il y a un an

Des soldats patrouille dans le centre de Nice, le 12 juillet 2017, à la veille des commémoration de l'attentat meurtrier il y a un an - VALERY HACHE, AFP

Paris Match publie ce jeudi des photos de l'attentat de Nice issues de la vidéosurveillance de la ville. Le parquet de Paris demande en urgence le retrait du magazine.

Des images issues de la vidéosurveillance de l'attentat de Nice à paraître jeudi dans Paris Match "portent atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches", ont accusé mercredi des associations de victimes, tandis que le parquet de Paris a demandé en urgence le retrait du magazine publié ce jeudi.

"Paris Match a fait le choix éditorial assumé de publier des photos extraites des bandes de vidéosurveillance de la ville de Nice et placées sous scellés", indique dans un communiqué l'avocat de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs, maître Eric Morain.

"Uniquement pour faire du sensationnel"

Cette requête est aussi soutenue par l'association Promenade des anges, qui rassemble les proches des victimes de l'attentat au camion bélier qui a ensanglanté la célèbre Promenade des Anglais le 14 juillet 2016.

"Ces captures d'écran, publiées sans précaution aucune, portent atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches" et sont publiées "uniquement pour faire du sensationnel" et "créer une atmosphère morbide et voyeuriste", dénoncent les associations.

Christian Estrosi, le maire de Nice, a critiqué la publication d'images "insoutenables et abjectes".

L'élu dit avoir écrit "au ministre de la Justice afin qu’il se saisisse de cette nouvelle parution qui ne manquera pas de raviver la douleur des familles".

Des victimes visibles mais pas identifiables

Pour l'avocate du journal, "le sujet de Paris Match sur le 14 juillet est au contraire un hommage aux victimes et aux rescapés", a déclaré maître Marie-Christine Percin, qui n'a pas pu consulter le numéro à paraître.

"Il n'y a pas de photos montrant le visage des victimes ou portant atteinte à leur dignité. Les images montrent le camion de très loin au moment où il arrive sur la foule, et des silhouettes de gens qui marchent", selon elle.

Dans un éditorial publié sur le site du magazine, Olivier Royant, directeur de la rédaction de Paris Match, explique que les photos sont publiées "dans un souci de compréhension des événements".

"Paris Match entend défendre becs et ongles le droit des citoyens, au premier chef le droit des victimes, de savoir ce qui s'est passé exactement."

A la suite de l'attentat de Nice, plusieurs médias avaient déjà été pointés du doigt pour avoir notamment diffusé des images de victimes sur la Promenade des Anglais. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel avait appelé l'ensemble des médias audiovisuels à "la prudence et à la retenue, protectrices de la dignité humaine et de la douleur des personnes".

Me Eric Morain rappelle que la loi Guigou de 2000 encadre l'atteinte à la dignité d'une victime d'une infraction pénale mais seulement lorsqu'elles sont vivantes. Sur les images diffusées par Paris Match, des victimes vivantes blessées sont visibles mais, selon lui, pas forcément identifiables.

H.F. avec AFP