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Nantes: un homme fonce en voiture sur la foule, au moins 5 blessés graves

Un homme a foncé en voiture sur un groupe de passants, sur le marché de noël de Nantes, situé place Royale. Un important dispositif a été mis en place.

Un homme a foncé en voiture sur un groupe de passants, sur le marché de noël de Nantes, situé place Royale. Un important dispositif a été mis en place. - Capture BFMTV

Un individu a foncé sur un groupe de passants, au marché de Noël de Nantes, avant de se poignarder à plusieurs reprises au niveau du coeur. Il y aurait onze blessés, dont cinq graves et un pronostic vital engagé. Sur place, Bernard Cazeneuve  a écarté la piste d'une "radicalité religieuse".

L'horreur, en plein marché de Noël. Un homme en voiture a foncé sur un groupe de passants, à Nantes, ce lundi.

Le drame s'est produit place Royale, où se tient traditionnellement le marché de Noël nantais, un soir de très forte fréquentation. Au moins une dizaine de blessés, dont deux graves, ont été dénombrés. Un pronostic vital était toujours engagé dans la nuit de ce lundi à mardi.

Cazeneuve évoque un "déséquilibré"

Dépêché sur place par François Hollande, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a apporté en fin de soirée quelques précisions sur ce nouveau drame, le troisième en autant de jours en France. Pour le patron de Beauvau, l'auteur de l'affaire de Nantes serait un "déséquilibré" et son acte ne serait pas "d'une inspiration de radicalité religieuse." "La mobilisation des services de l'Etat est totale", a-t-il encore affirmé.

Rappel des faits. Il est à peu près 19 heure, ce lundi soir, quand un homme pénètre sur la place Royale de Nantes au volant d'une camionnette blanche, avant de foncer et de rouler délibérément sur plusieurs personnes. Après avoir percuté le chalet d'un commerçant, un vendeur de vin chaud, le conducteur se serait lui-même poignardé du côté du coeur à plusieurs reprises. Certains ont évoqué "sept" coups de couteaux.

Contrairement à ce que laissaient penser certaines rumeurs, le forcené n'a pas crié "Allah akbar" (Dieu est le plus grand) après le drame; contrairement aux faits de dimanche, à Dijon.

Onze blessés

D'après la police locale et les informations de BFMTV, au moins dix blessés sont à déplorer, onze en comptant le conducteur du véhicule. Cinq sont dans un état grave, et un pronostic vital est engagé.

Policiers et secours sont sur place et un périmètre de sécurité a été déployé. Tout le quartier de la place Royale est bouclé.

"On a vu des poussettes renversées" 

"On a entendu un grand boum, et on a rapidement appris qu'un homme avait foncé en camionnette sur un chalet", a témoigné Alain-Loïc Douchin, un restaurateur qui a assisté à la scène contacté par BFMTV. "C'est un grand sentiment de peur et de panique, on a vu des poussettes renversées et tout ça," a-t-il encore expliqué à notre antenne.

Un "cas isolé", déjà connu des services de police

En l'état actuel de l'enquête, la procureur de la République, Brigitte Lamy, contactée par l'Agence France-Presse (AFP), évoque un "cas isolé". "On ne peut parler d'acte de terrorisme", a-t-elle également souligné.

Les enquêteurs ont "une identité" concernant l'automobiliste, mais ils ne sont pas sûrs qu'il s'agisse "de la bonne personne", a ajouté Brigitte Lamy. L'homme, âgé selon elle d'environ 35 ans, serait originaire de Charente-Maritime, où est immatriculé le véhicule qu'il a utilisé. 

"A priori, je dis bien a priori, il s'agit d'un homme déjà connu par les services de police pour des faits mineurs", a par ailleurs précisé sur BFMTV le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet. Pour ce dernier, le côté "délibéré" de cette attaque ne fait plus aucun doute.

Un carnet et des envies suicidaires, pas de revendication religieuse

Dans la camionnette du forcené, un petit carnet a été retrouvé par les autorités, selon nos informations. Un objet déjà clé pour l'enquête, dans lequel plusieurs phrases incohérentes ont pu être retrouvées. Plusieurs de ces phrases font référence à des envies suicidaires.

Aucune "revendication particulière" n'a été faite, a bien insisté la procureur de la République de Nantes.

Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls réagissent

L'ancien maire de Nantes et ex-Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a eu un message envers les victimes sur Twitter: "Face à cette violence aveugle, solidarité et soutien aux victimes", a-t-il écris.

Son successeur à Matignon, Manuel Valls, a appelé de son côté au "sang-froid" et au "discernement" et adresse "tout son soutien" aux victimes et leurs proches.

Après la visite du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, sur les lieux du drames, une "réunion ministérielle" doit se tenir ce mardi matin à Matignon.

Un précédent dimanche, à Dijon 

Dimanche, un homme déséquilibré, régulièrement hospitalisé en unité psychiatrique depuis 2001, avait foncé en voiture sur des passants à Dijon, blessant treize personnes en criant "Allah Akbar".

Jé. M.