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Moirans: "C'était la seule solution pour qu'on m'entende" témoigne la mère du détenu

Une centaine de gens du voyage ont manifesté violemment mardi à Moirans, dans l'Isère. Ils réclamaient une permission de sortie pour l'un d'entre eux, actuellement détenu, pour assister aux funérailles de son frère, prévues ce mercredi.

Mise à jour 11h30: la juge d'application des peines d'Albertville a refusé la demande de sortie "sous escorte" du détenu pour assister aux obsèques de son frère. Dans la foulée de cette décision, la mère du détenu et de l'adolescent mort a indiqué à l'AFP qu'elle annulait les funérailles, initialement prévues à 14h ce mercredi.

Depuis le décès de son fils de 17 ans, samedi, Adèle Vinterstein explique à BFMTV qu'elle a tout fait pour obtenir une permission de sortie pour son autre fils, incarcéré en Savoie.

"Depuis samedi, j'ai appelé toutes les personnes possibles, que ce soit juge, avocat, SPIP (le Service pénitentiaire d'insertion et de probation, NDLR), prison, pour demander que mon fils qui est incarcéré puisse assister aux funérailles de son petit frère. En sachant que j'ai demandé une escorte, je n'ai pas demandé à ce que mon fils sorte comme ça. J'ai demandé à ce qu'il sorte avec une escorte, même avec des boulets aux pieds s'il fallait, des menottes aux mains", raconte la mère de famille.

Et d'ajouter avoir fait valoir aux autorités compétentes que les obsèques ne dureraient "qu'une heure". "On m'a raconté du n'importe quoi", estime-t-elle. 

"Seule solution"

Mais la demande n'a pas abouti. A la veille des obsèques, une centaine de gens du voyage ont manifesté violemment à Moirans pour obtenir sa libération. Pour Adèle Vinterstein, "le but n'était pas d'en arriver là". "Mais c'était la seule solution pour qu'on m'entende", ajoute-t-elle.

Elle explique toutefois qu'il n'y a "pas eu de violence". Seules "des voitures ont été cassées, qui étaient déjà cassées, et des pneus. Il n'y a pas eu de blessés", se défend-elle.

Et de conclure: "Si je dois repousser l'enterrement de mon fils demain, je vous le dis honnêtement, ce qu'il s'est passé aujourd'hui, je ne l'ai pas demandé. Mais j'attends demain. Il se passera ce qu'il se passera. Je n'ai plus rien à perdre, absolument plus rien à perdre". 

A Moirans mardi soir, la situation était revenue sous contrôle dès 20 heures, selon la préfecture de l'Isère: "Il n'y a pas de blessés" et "les incendies ont été éteints".

C. B. et A. S.