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Meuse: deux hommes jugés pour avoir volé et tenté de tuer une octogénaire

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - AFP

deux individus Ils avaient cambriolé l'octogénaire avant de la mettre dans une voiture et de la pousser dans le canal. Les deux individus comparaissent ce mardi matin pour "tentative de meurtre pour favoriser sa fuite".

Enfermée dans le coffre de sa voiture précipitée dans un canal, une octogénaire a eu la vie sauve grâce à la vigilance d'une joggeuse, qui avait donné l'alerte. Deux cousins âgés de 30 ans, multirécidivistes, comparaissent depuis mardi matin devant la cour d'assises de la Meuse pour tentative de meurtre.

Jugés également pour vol avec violence en récidive légale, tous deux encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu jeudi.

L'alerte d'une joggeuse

La victime, une ancienne professeure d'éducation physique désormais âgée de 93 ans, a écouté attentivement la lecture des faits par la présidente de la cour d'assises.

Le 10 octobre 2013 au matin, une joggeuse qui courait le long du canal de la Marne au Rhin, sur la commune de Longeville-en-Barrois, avait aperçu dans une voiture presque totalement immergée "une petite main tenter de casser une vitre".

Alertés, des salariés d'une entreprise à proximité avaient extrait la victime âgée alors de 89 ans, en chemise de nuit et "trempée de la tête aux pieds". Ils l'avaient trouvée "le visage collé au plafonnier pour pouvoir respirer dans la dernière poche d'air de l'habitacle".

Ligotée et bâillonnée

La vieille dame avait expliqué aux enquêteurs avoir été réveillée à l'aube par deux hommes cagoulés. Ligotée et bâillonnée, elle était maintenue par l'un pendant que le second avait fouillé la maison.

Les deux individus l'avaient ensuite transportée dans le coffre de sa voiture. Après avoir déposé leur butin - bijoux, argent et bouteilles de vin -, ils avaient roulé jusqu'à un chemin de halage et poussé la voiture dans le canal.

Alors que le véhicule s'enfonçait dans l'eau, l'octogénaire était parvenue à rejoindre l'habitable, mais la pression de l'eau l'avait empêchée d'ouvrir les portes. Elle avait alors tenté en vain de briser les vitres "sous le regard des deux individus encore présents".

La préméditation écartée

Ce n'est qu'en 2016 que les deux auteurs au casier judiciaire noirci de 15 condamnations pour l'un, 19 pour l'autre, avaient été identifiés. L'un des deux connaissait la victime pour avoir réalisé à son domicile des travaux de jardinage dans le cadre d'un chantier de réinsertion. La veille de l'agression, il avait fêté la fin de son contrôle judiciaire.

Les deux hommes, mis en examen pour tentative d'assassinat, sont finalement jugés pour "tentative de meurtre pour favoriser sa fuite ou assurer l'impunité de son auteur", la préméditation ayant été écartée.

L'instruction a révélé qu'ils n'avaient pas eu l'intention de tuer: les deux hommes avaient emporté des vêtements pour que leur victime ne succombe pas au froid. L'idée de précipiter la voiture dans le canal avait surgi plus tard, lorsqu'ils s'étaient sentis acculés.

M. F. avec AFP