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Médiator: où en est le procès après la mort de Jacques Servier?

Un "grand procès du Mediator" devrait avoir lieu en 2015, mais sans Jacques Servier, décédé mercredi.

Un "grand procès du Mediator" devrait avoir lieu en 2015, mais sans Jacques Servier, décédé mercredi. - -

Tromperie, escroquerie, homicides involontaires… Des enquêtes sont en cours pour déterminer les responsabilités dans l'affaire du Mediator. Mais la mort du docteur Servier ne signifie pas l'arrêt de ces procédures.

Au lendemain de la mort de Jacques Servier, président-fondateur du groupe pharmaceutique du même nom, où en est-on de la procédure judiciaire? Une première enquête porte notamment sur des faits de tromperie, d'escroquerie et de trafic d'influence. Une seconde concerne des faits d'homicides et de blessures involontaires. Deux volets d'une enquête pénale gigantesque pour un seul et même médicament: le Mediator.

Pour faciliter la tâche et aller plus vite, les deux procédures ont été jointes au début de l'année. "Il y a une grande instruction en cours au pôle santé de Paris et dont on sait qu'elle n'aboutira pas à un procès avant 2015-2016", explique la pneumologue Irène Frachon, qui fut la première à dénoncer les risques du Mediator. "Il est probable que cette mort va bousculer encore le calendrier", ajoute-t-elle. Mais la mort de Jacques Servier ne signifie pas l'arrêt des procédures.

328 personnes reconnues comme victimes

Dans cette affaire, 26 personnes ont été mises en examen. Outre Jacques Servier, on y trouve également des dirigeants de son laboratoire, des médecins mais aussi des personnes morales, comme plusieurs sociétés de la galaxie Servier, ou encore l'Agence de sécurité du médicament. Tous ont été incriminés par plusieurs expertises médicales et judiciaires.

"Les rapports déterminent clairement qu'il y a des complications avec ce produit de santé", avance Philippe Courtois, avocat de familles de victimes du Mediator, "et on a des éléments qui démontrent que tous les acteurs, y compris Jacques Servier, savaient qu'il y avait un problème avec ce produit, et qu'ils l'ont quand même commercialisé."

Pour l'instant, 328 personnes ont été reconnues comme victimes du Mediator sans que la défense ne conteste quoi que ce soit. Utilisé par cinq millions de personnes en France, le Mediator contient une molécule coupe-faim (le benfluorex). Il est à l'origine de graves lésions des valves cardiaques et pourrait être responsable à long terme de 2.100 décès, selon une expertise effectuée dans le cadre d'une enquête judiciaire.

A. K. et vidéo Brune Daudré