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Lyon: le tribunal ecclésiastique ouvre la voie à une indemnisation des victimes de l'ex-prêtre Preynat

L'ex-prêtre Bernard Preynat à son procès.

L'ex-prêtre Bernard Preynat à son procès. - PHILIPPE DESMAZES / AFP

Dans un court communiqué, l'administrateur apostolique du diocèse a indiqué que le tribunal ecclésiastique avait rendu le 28 mai ses "sentences", qui ont été envoyées depuis à "chacune des victimes reconnues" par la juridiction, soit "21 personnes".

Le tribunal ecclésiastique de Lyon a ouvert la voie à l'indemnisation d'une vingtaine de victimes de l'ex-prêtre Bernard Preynat, condamné en mars pour agressions sexuelles sur mineurs, a-t-on appris ce samedi auprès du diocèse de Lyon.

Dans un court communiqué, daté de vendredi, l'administrateur apostolique du diocèse, Mgr Michel Dubost, a indiqué que le tribunal avait rendu le 28 mai ses "sentences", qui ont été envoyées depuis à "chacune des victimes reconnues" par la juridiction, soit "21 personnes".

"Le même système que la justice civile"

Ces victimes de Preynat, d'anciens scouts agressés entre 1971 et 1991, avaient présenté à l'archevêché "une demande de réparation" du préjudice subi. Il reviendra à Bernard Preynat d'indemniser ses victimes, a précisé un porte-parole du diocèse. 

"Cela suivra le même système que la justice civile", a-t-il ajouté. En cas d'insolvabilité de l'ancien curé, un "autre système d'indemnisation" prendra le relais.

"Toutes les victimes seront indemnisées"

"Toutes les victimes seront indemnisées" à terme, a-t-on souligné de même source, évoquant un "délai plus ou moins long" pour celles qui auraient "une autre procédure (civile) en cours" contre Bernard Preynat. 

"L'Eglise joue sur des bonnes valeurs qu'elle ne s'applique pas", en se défaussant sur Preynat, a réagi François Devaux, le président de l'association de victimes La Parole libérée, critique du système d'indemnisation proposé.

Bernard Preynat, condamné le 16 mars à Lyon à cinq ans de prison ferme pour ses agressions sexuelles, a fait appel du jugement. Un procès canonique lui avait fait perdre sa qualité de prêtre en juillet 2019. 

Cette affaire, qui a éclaté en 2015, a éclaboussé toute la hiérarchie catholique à travers le cardinal Philippe Barbarin. Condamné l'an dernier pour ses silences sur l'affaire, le prélat a été relaxé en appel mais a démissionné de ses fonctions d'archevêque de Lyon.

Cy.C avec AFP