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Police-Justice

Limoges: deux nuits d'affrontements entre policiers et jeunes d'un quartier prioritaire

Des camions de police stationnés dans un quartier sensible de Limoges.

Des camions de police stationnés dans un quartier sensible de Limoges. - PASCAL LACHENAUD

Dans la nuit de lundi à mardi, les heurts ont duré près de cinq heures dans le quartier du Val de l'Aurence à Limoges. Le calme est revenu ce jeudi.

Le calme est revenu ce jeudi dans le quartier du Val de l'Aurence à Limoges, théâtre d'affrontements lors des deux nuits précédentes entre des dizaines de jeunes encagoulés et les forces de l'ordre, affirme la préfecture de Haute-Vienne. Le dispositif de sécurité renforcé mis en place "a permis un retour au calme rapide dans le quartier, sans qu'aucun nouvel incident n'ait été déploré", indique un communiqué.

Durant la nuit de mardi à mercredi, un policier de la CRS-8 a été légèrement blessé par un tir de mortier et deux individus ont été interpellés, a précisé le secrétaire général de la préfecture de la Haute-Vienne Jean-Philippe Aurignac. La CRS-8, une unité créée pour se rendre rapidement sur tout le territoire, a été déployée mardi soir à Limoges à la demande du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Selon une source syndicale policière, une centaine de jeunes ont pris part aux affrontements. Dans la nuit de lundi à mardi, trois voitures ont été brûlées lors de premiers affrontements entre forces de l'ordre et une quarantaine d'individus. Les heurts ont duré près de cinq heures, selon la préfecture qui dénonce "des violences urbaines inacceptables".

Des jets de cocktails Molotov et de mortiers

Les affrontements ont débuté après l'arrivée de pompiers, épaulés par la police pour éteindre un feu de voiture. À leur arrivée dans ce quartier classé prioritaire, les policiers avaient été accueillis par des jets de cocktails Molotov, de mortiers d'artifice et de projectiles en tous genres, a détaillé une source policière à l'AFP.

Durant cette nuit-là, cinq équipages de police nationale et un équipage de police municipale ont été mobilisés. Ils ont riposté avec des grenades de désencerclement, selon la même source.

Selon le secrétaire général de la préfecture, la plupart des individus opposés aux forces de l'ordre durant ces deux nuits sont des jeunes de 13 à 17 ans, originaires d'Afrique subsaharienne et de Mayotte.

"C'est un quartier où la dérive violente se fait depuis des années, avec la structuration de bandes vraiment organisées, essentiellement des dealers, organisées autour de bandes de Mahorais", a commenté à l'AFP le maire LR de Limoges Emile-Roger Lombertie, qui réclame des policiers supplémentaires pour faire face à "ces 70-90 personnes" cherchant à être "totalement maîtres du quartier".

Quartier prioritaire

"Je me suis retrouvée en terrain de guérilla en emmenant mon fils à la crèche", découvrant la route principale du quartier "jonchée de pierres, de cartouches, des cocktails Molotov, de bouteilles cassées", a témoigné une mère de famille mercredi matin, disant croiser quotidiennement ce groupe de "jeunes qui se sentent totalement impunis".

Selon une infirmière de 43 ans, habitante du quartier, jointe par téléphone, ce "gang" pratique le "trafic de drogue ouvertement", avec de "nombreux mineurs embrigadés", ce qui "rend les mamans malades".

Le Val de l'Aurence est une zone de 2500 habitants située à l'extrême ouest de Limoges. Issue de la politique de construction de grands ensembles des années 1960-70, elle est en cours de réhabilitation et classée "quartier prioritaire" comme huit autres quartiers de Limoges.

E.F. avec AFP