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Les policiers scientifiques lancent une grève illimitée à partir de mercredi

Un préavis de grève illimitée est lancé à partir du 25 décembre.

Un préavis de grève illimitée est lancé à partir du 25 décembre. - AFP

Le syndicat indépendant des policiers techniques et scientifiques, Snipat, a déposé un préavis de grève illimitée à partir de mercredi pour protester contre les conditions de travail et le manque de reconnaissance des agents.

Il y a de la fatigue, de la lassitude mais aussi beaucoup de déception. Les policiers techniques et scientifiques sont en colère et vont l'exprimer. Le syndicat Snipat, pour Syndicat national indépendant des personnels administratifs, techniques et scientifiques, lance une grève illimitée à partir de mercredi. Un appel relayé par l'intersyndicale composée, outre du Snipat, du SNPPS, le Syndicat national des Personnels de Police Scientifique, et du Syndicat national Alliance des personnels administratifs techniques et scientifiques.

"Au delà du préavis de grève déposé par le Snipat, l'intersyndicale appelle tous les scientifiques qui ne peuvent ou ne veulent pas faire grève à assurer le minimum dans l'accomplissement de leurs missions", écrit l'intersyndicale dans un communiqué commun.

Rendez-vous annulé au ministère

Le point d'orgue de cette grève illimitée sera atteint le soir de la Saint-Sylvestre, une nuit symbolique tant pour la continuité du service, pour le manque d'effectifs, mais aussi pour la masse de travail le soir du réveillon. Une manière de mettre la pression sur le gouvernement alors que les revendications de la police technique et scientifique ne sont pas nouvelles. Cette action répond également à l'accord trouvé la semaine dernière dans l'urgence entre Beauvau et les syndicats des gardiens de la paix, excédés par des semaines de mobilisation.

"Les rendez-vous au ministère de l'Intérieur ont été maintes et maintes fois déplacés ou annulés", déplore Guillaume Groult, secrétaire national adjoint du Snipat en charge des personnels de police scientifique. "Force est de constater que le ministre a eu le temps et la priorité méprisante de recevoir les syndicats des gardiens et gradés."

Cette fin d'année sans les "experts" de la police est le résultat de plusieurs semaines d'épuisement et de surcharge. "Un tiers des résolutions d'enquête" sont le fait du travail de la police technique et scientifique qui représente "2% des effectifs de la police nationale", rappelle Xavier Depecker, secrétaire national des personnels de police technique et scientifique au Snipat. Mais derrière ce chiffre résulte un manque d'effectifs, des week-ends d'astreinte à répétition, une mobilisation sur des missions sans rapports avec les tâches initiales de la police technique et scientifique.

De nouvelles actions annoncées

Le statut de ces policiers cristallise le plus fort de la colère, les organisations ayant d'ailleurs trouvé un accord sur ce point. Les syndicats réclament en effet que les agents intègrent la catégorie "active" de la fonction publique, une catégorie qui reconnaît les risques et la pénibilité du métier. Un statut dont disposent les gardiens de la paix, les infirmiers, les contrôleurs aériens, les pompiers ou les égoutiers de Paris. Une demande de réforme statutaire énoncée depuis cinq ans, et évaluée entre 26 et 28 millions d'euros, selon les syndicats.

"Pour ceux qui ont entre 17 et 25 ans de service, tous les 5 ans, c'est un an de départ à la retraite avancé d'obtenu", précise Guillaume Groult, qui énumère les difficultés liées au travail des agents comme les horaires de nuit, les horaires tournants, ou le risque d'être confronté à une population à risque.

"Les agents rencontrent tous ces risques, à différents niveaux, et selon les métiers, que ce soit dans les laboratoires ou sur le terrain", poursuit le syndicaliste. Le risque pris par les agents, c'est bien ce qui inquiète la profession. De nombreux policiers sont pris pour cible, ou victimes d'agression, en raison de leur statut de policier. Mais un statut qui ne leur permet pas d'être armés, ni de bénéficier de moyens de défense. En fonction de la réponse du ministère de l'Intérieur aux revendications des syndicats, soutenus par leur base, ces derniers envisagent de nouvelles actions.
Justine Chevalier