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Les policiers techniques et scientifiques se joignent à la grogne

Les policiers techniques et scientifiques interviennent sur toutes les scènes de crime.

Les policiers techniques et scientifiques interviennent sur toutes les scènes de crime. - AFP

Les agents de la police technique et scientifique réclament à être reçus par le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Ils entendent obtenir un statut qui leur permettrait de prendre en compte la pénibilité de leur travail ainsi que les risques.

Christophe Castaner devait déjà rencontrer ce mardi soir place Beauvau les organisations syndicales des policiers. L'agenda du ministre de l'Intérieur pourrait toutefois se rallonger avec un nouveau rendez-vous. C'est en tout cas ce que réclame l'un des syndicats majoritaires chez les agents de la police technique et scientifique. En pleine grogne des "gyros bleus", le SNIPAT-PTS lance un appel pour de nouvelles discussions, afin d'obtenir le même statut que leurs collègues policiers, ainsi qu'une hausse des effectifs. Une contestation en marge de la colère des "giros bleus" mais à l'aune des débats budgétaires pour les forces de l'ordre.

"Un tiers des résolutions d'enquête pour moins de 2% des effectifs de la police nationale sans que l'Etat se soucie des conditions statutaires bancales et des conditions de travail des agents", note le syndicat.

Fonctionnaires de catégorie C, ils sont également classés comme "sédentaires". Désormais, ils réclament d'être reconnus comme "actifs". La raison: d'abord considérés comme aide technique en laboratoire, les agents de la police technique et scientifique sont désormais omniprésents sur le terrain. "L'administration classe les infirmiers, par exemple, dans la catégorie 'actif' car ils sont soumis à des horaires de nuit, des horaires tournants, qu'ils manipulent des produits à risque et qu'ils peuvent être confrontés à une population à risque, tout comme les policiers scientifiques", fait valoir Xavier Depecker, secrétaire national au SNIPAT-PTS.

Pénibilité et risques 

De la prise des empreintes papillaires lors des gardes à vue, aux prises de vue et prélèvements sur les scènes de crimes, en passant par la présence lors des autopsies des corps, les policiers techniques et scientifiques "restent baignés dans le morbide". "La dureté de notre métier doit être reconnue, nous assistons à beaucoup de choses traumatisantes, poursuit Xavier Depecker. On a une responsabilité de ne pas rater d'éléments, on doit chercher le moindre détail." A cela s'ajoutent des horaires étendus et des astreintes de nuit et le week-end de plus en plus récurrentes. Des missions qui se sont encore accrues, avec notamment la présence d'agents de la PTS sur des matchs à risque ou dernièrement sur des rassemblements de gilets jaunes, pour réaliser des prises de vue de la foule.

A la pénibilité du travail, s'ajoutent également les risques, dans une profession féminisée aux deux tiers. "A Marseille, un de nos collègues est appelé sur une scène, à son arrivée, le forcené était toujours présent. A Nice, un agent a reçu une balle dans son véhicule alors qu'il travaillait sur un vol à main armée. Il y a encore cet autre policier qui s'est retrouvé seul avec une caissière qui venait d'être victime d'un braquage quand celle-ci à reconnu l'auteur", énumère Guillaume Groult, délégué du syndicat SNIPAT. Dans les faits, les agents de la PTS n'ont pas le statut d'officier de police judiciaire et ne sont donc pas armés et n'ont pas de moyens de protection.

"Quand vous avez un brassard police, sur le terrain, les gens ne font pas la différence entre un policier actif et un policier de la technique et de la scientifique", conclut avec inquiétude le secrétaire national au SNIPAT-PTS.
Justine Chevalier