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Les parents de Maëlys appellent Nordahl Lelandais à livrer la vérité

Joachim et Jennifer De Araujo, les parents de Maëlys.

Joachim et Jennifer De Araujo, les parents de Maëlys. - AFP

Après une semaine de rebondissements dans l'enquête sur Nordahl Lelandais, qui ont conduit à une nouvelle mise examen du suspect dans un autre dossier de disparition, les parents de Maëlys appellent le suspect numéro 1 dans leur affaire à parler, par la voix de leur avocat, en direct ce matin sur notre antenne.

La nouvelle mise en examen de Nordahl Lelandais, dans le dossier sur le meurtre d'Arthur Noyer, "conforte" les soupçons des parents de Maëlys envers le suspect numéro 1 dans l'affaire de la disparition de leur fille. Au terme d'une semaine de rebondissements autour de l'ex-militaire de 34 ans, qui est désormais soupçonné de l'assassinat d'un jeune militaire de 24 ans, la famille de la petite fille, disparue dans la nuit du 26 au 27 août dernier, ont "la conviction qu’un individu a des choses importantes à dire", a expliqué leur avocat Me Rajon, en direct ce vendredi matin sur notre antenne.

"Mes clients sont dans une situation difficile, une attente insupportable, vraiment insupportable, vraiment insupportable", a lancé l'avocat sur BFMTV. "Et si une personne peut lever l’attente insupportable de mes clients c’est bien Nordahl Lelandais."

"Prise d'otages"

Cette attente insupportable est renforcée par la sensation de "prise d'otages" à laquelle sont confrontée Joachim et Jennifer De Araujo. "Les parents de Maëlys sont pris en otage pour une raison simple: en premier lieu, il y a l’enlèvement de l’enfant et en second lieu, on vient refuser de nous dire ce qu’il est advenu de l’enfant", poursuit Me Rajon, insistant sur sa volonté "que tout le monde dans ce dossier concourt à la manifestation de la vérité".

Maëlys De Araujo a disparu dans la nuit du 26 au 27 août dernier lors d'une fête de mariage qui se tenait à Pont-de-Beauvoisin, en Isère. Début septembre, Nordahl Lelandais, qui participait également à cette soirée, à été mis en examen pour "meurtre précédé d'un autre crime". Sa défense, tout en reconnaissant des "zones d'ombres", assure qu'après avoir épluché le dossier, "il n'y a pas l'ombre d'un soupçon de commencement de preuves". Me Rajon lui oppose une série d'éléments qu'il juge "accablants".

"Nous sommes inquiets de cette position de la défense, qui est évidemment une position qui doit être difficile à tenir, parce que les éléments objectifs sont là", martèle l'avocat, citant les recherches internet sur la décomposition d'un corps, la présence de l'ADN de Maëlys sur le tableau de bord du véhicule du suspect, le lavage intensif de cette voiture au lendemain du mariage ou encore la vidéosurveillance montrant une silhouette de petite taille sur le siège passager d'un véhicule identifié comme celui de Nordahl Lelandais.

Un appel à Lelandais

Assurant ne pas vouloir entrer dans un débat contradictoire avec l'avocat de Nordahl Lelandais, Alain Jakubowicz, Me Rajon lui oppose toutefois "une interprétation tout autre des éléments du dossier". "La question de la chronologie n’est pas l’élément central du dossier. Il y a d’autres éléments", insiste l'avocat, alors que son confrère de la défense avait assuré sur BFMTV qu'à 2h45, heure supposée de la disparition de Maëlys, la petite fille avait été vue par un membre de sa famille. "On souhaite que tout le monde dans ce dossier concoure à la manifestation de la vérité", poursuit l'avocat lyonnais.

Une vérité et un appel à Nordahl Lelandais pour savoir ce qu'il est advenu de Maëlys, alors que l'avocat a voulu exprimer "une inquiétude" concernant la stratégie de la défense. "Soit la défense est convaincue de l’innocence de son client et elle en tire quelques conclusions, notamment une demande de libération ou de contrôle judiciaire, ou aller jusqu’à dire que la défense défend un innocent. Ce n’est pas le cas", estime-t-il, laissant penser que le suspect devrait désormais parler.

"Cela nous inquiète, on ne peut pas se payer le luxe d’ambiguïtés dans ce dossier, car on ne sait pas ce qu’il est advenu de l’enfant", conclut alors Me Rajon.

Justine Chevalier