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Les députés LR s'élèvent contre une possible suppression du quotient familial

Les députés LR s'opposent à une éventuelle suppression du quotient familial.

Les députés LR s'opposent à une éventuelle suppression du quotient familial. - AFP

Les députés LR sont vent debout ce mardi contre la possible suppression du quotient familial avancée dans un rapport de la mission d'information de l'Assemblée nationale. Une "attaque" contre la politique familiale que condamne leur chef de file Christian Jacob.

Les députés LR se sont élevés ce mardi contre un possible "coup fatal" à la politique familiale, avec l'idée d'une suppression du quotient familial, avancée dans un rapport sous la plume LREM devant être publié mercredi.

Une "attaque" contre la politique familiale

Ce rapport de la mission d'information de l'Assemblée nationale sur la politique familiale devrait préconiser la suppression du quotient familial, qui réduit l'impôt sur le revenu des familles imposables, et en contrepartie le versement d'allocations à toutes les familles, dès le premier enfant, selon le co-rapporteur Gilles Lurton (LR) qui s'en désolidarise.

"Il est hors de question de laisser passer une telle attaque contre la politique familiale", a lancé le chef de file des députés de droite, Christian Jacob, en conférence de presse. Les nouvelles allocations seraient versées d'après eux sous conditions de ressources, ce qui "pèserait sur les classes moyennes", a ajouté Gilles Lurton, critiquant la mesure surgie "au dernier moment" dans les travaux de la mission.

La somme totale dédiée aux familles resterait inchangée, les 12 milliards d'euros consacrés au quotient familial s'additionnant aux 12 milliards actuels des allocations familiales pour le versement de la nouvelle aide.

"Pas de suppression mais une transformation"

De son côté, le député LREM Guillaume Chiche, co-rapporteur de la mission, en a présenté les grandes lignes en réunion de groupe à huis clos ce mardi et a été applaudi, selon plusieurs participants.

"Dans les préconisations de notre rapport, il n'est pas question de suppression du quotient familial mais d'une transformation structurelle globale pour une politique familiale universelle qui garantit réellement la dignité des familles", a notamment affirmé l'élu des Deux-Sèvres.

"Si je retire ma signature, il n'y aura pas de rapport", a glissé devant la presse Gilles Lurton, qui soutenait certaines de ses pistes comme le versement de la prime à la naissance en amont, et non après la naissance, "la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle" et encore la création de places en crèche.

Critère d'équité sociale

La mission d'information avait été lancée à l'automne par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée, après la réouverture du débat sur la question sensible de l'universalité des allocations familiales.

Selon Christian Jacob, ancien ministre de la Famille, sous le précédent quinquennat "la politique familiale a été mise à mal, ça s'est traduit par une baisse de la natalité".

Supprimer le quotient permettrait de simplifier la mise en place l'année prochaine du prélèvement de l'impôt à la source, qui s'annonce "difficile", ont pointé les LR. De leur côté, les députés communistes se sont déclarés "a priori" pas favorables à une suppression du quotient familial, qui est "un des critères d'équité sociale". Mais "il y a des effets de seuil qui sont injustes et qui méritent d'être corrigés", a précisé un porte-parole, Sébastien Jumel.

M. F. avec AFP