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Le tribunal rend sa décision lundi sur la cagnotte Leetchi de l'ex-boxeur gilet jaune Christophe Dettinger

Christophe Dettinger lors d'une vidéo Facebook.

Christophe Dettinger lors d'une vidéo Facebook. - BFMTV

La cagnotte avait été créée le 6 janvier 2019 pour Christophe Dettinger, filmé la veille à Paris en train de frapper deux gendarmes lors de l'acte 8 des gilets jaunes.

L'ex-boxeur Christophe Dettinger touchera-t-il les 145.000 euros de sa cagnotte Leetchi? Le tribunal de Paris rend sa décision lundi dans cette affaire qui oppose ce gilet jaune à la plateforme de collecte de dons. Il avait été condamné pour avoir frappé des gendarmes lors d'une manifestation.

La cagnotte avait été créée le 6 janvier 2019 pour Christophe Dettinger, filmé la veille à Paris en train de frapper deux gendarmes lors de l'acte 8 des gilets jaunes. En deux jours, les dons avaient afflué jusqu'à atteindre 145.000 euros. 

Leetchi avait toutefois décidé, le 8 janvier, de suspendre cette cagnotte qui avait fait l'objet de critiques de syndicats de policiers et de certains responsables politiques. 

"C'est devenu une affaire politique", pour Me Léger

À l'audience en décembre, les avocates du gilet jaune ont demandé que leur client récupère les 145.000 euros donnés par ses soutiens et qu'il reçoive également deux millions d'euros de dommages et intérêts pour compenser la suspension de la cagnotte, qui aurait dû, selon elles, rester ouverte 45 jours. Cette cagnotte a été "un succès totalement inespéré", a fait valoir Me Laurence Léger. 

"Cette affaire n'est pas un problème de droit, mais d'image pour cette société. C'est devenu une affaire politique", a-t-elle plaidé.

Pendant ce temps, Christophe Dettinger, crâne rasé, pull noir près du corps, écoutait attentivement les débats, au premier rang du public.

Pour les avocats de Leetchi, le montant de la cagnotte s'élève à 127.000 euros. À cause d'un bug informatique, des donateurs auraient payé deux fois, selon les avocats. De plus, des soutiens auraient demandé à être remboursés. 

Débats sur l'objet et le bénéficiaire de la cagnotte

"Il y a deux contraintes à l'ouverture d'une cagnotte: l'objet doit être déterminé et le bénéficiaire identifié", a plaidé Martine Samuelian, qui défend Leetchi. Deux points qui opposent les parties. 

Pour Me Samuelian, il y avait un seul bénéficiaire - Christophe Dettinger - et un objet déterminé - payer ses frais d'avocats.

"Leetchi a clôturé la cagnotte car le montant récolté était largement suffisant pour respecter l'objet déclaré par les organisateurs", a-t-elle affirmé. 

Mais pour Me Léger, la cagnotte était également destinée à l'épouse de l'ex-boxeur et visait plus largement à soutenir la famille Dettinger, en difficultés financières.

"Ils nous doivent cet argent", a déclaré à l'AFP l'ex-boxeur, qui travaille pour une mairie dans l'Essonne. 

Condamné pour les violences sur les gendarmes

Christophe Dettinger a été condamné en février pour les violences sur les gendarmes à un an de prison, aménagé en semi-liberté. Il a porté un bracelet électronique jusqu'en août. 

Par ailleurs, il a été placé en garde à vue début janvier à la suite d'une altercation avec son épouse, dont il est séparé. Il devra suivre un stage sur les violences conjugales. 

C.M. avec AFP