BFMTV

Le procès des individus soupçonnés d'avoir forcé le ministère de Griveaux renvoyé un mars

Des manifestants ont forcé la porte du ministère avec un engin de chantier.

Des manifestants ont forcé la porte du ministère avec un engin de chantier. - BFMTV

L'une des quatre personnes a été placée en détention provisoire. Les avocats ont dénoncé "une atteinte exceptionnels aux symboles (...) de la République et de l'État".

Quatre manifestants gilets jaunes soupçonnés d'avoir forcé avec un chariot élévateur l'entrée du ministère de Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, le 5 janvier, ou d'avoir participé à la scène, seront jugés le 13 mars.

Dans l'intervalle, le jeune homme qui a reconnu avoir conduit l'engin restera en détention, tandis que deux autres hommes et une femme ont été placés sous contrôle judiciaire.

1000 pages de dossier

Interpellés mardi, ils ont été présentés jeudi après-midi par le parquet au tribunal correctionnel de Paris, en comparution immédiate. Mais les juges ont renvoyé l'affaire en raison du volume du dossier, un millier de pages, incompatible avec ces procès à la chaîne.

Ces quatre personnes n'ont jamais été condamnées pour violences ou dégradations. Uniquement, pour certaines, pour des délits routiers ou des affaires de stupéfiants. Les avocats de la défense ont donc cherché à leur éviter la détention provisoire, s'élevant contre la procureure qui a décrit "une atteinte exceptionnels aux symboles", "un ministère, le symbole de la République et de l'Etat". 

La représentante de l'accusation a demandé l'incarcération des trois hommes, qui au vu des vidéos virales qui avaient circulé "ne pouvaient ignorer qu'ils étaient recherchés". Parmi les prévenus poursuivis pour le vol du chariot et pour dégradations, les trois hommes ont reconnu être montés dessus. Les deux plus jeunes sont également poursuivis pour avoir détérioré une vitrine de banque, dans laquelle l'engin avait fini sa course.

Des profils variés

Romain M., 23 ans, ouvrier dans une entreprise de tuyauterie originaire du Nord, pilote du chariot, était "excité par cette foule en délire, il ne savait même pas que c'était la porte d'un ministère", a plaidé son avocat, Manuel Abitbol. Il a été maintenu en détention "en raison d'un risque de réitération", ayant revendiqué son acte sur Facebook et appelé à en commettre d'autres.

Il vit chez sa mère, comme Thomas S., 22 ans. Ce jeune homme en attente d'un stage, originaire de région parisienne, "s'est retrouvé sur cet engin", a convenu son avocat, mais n'a "pas mis le contact".

En pleure dans le box

Les deux plus âgés, Sylvie B., 46 ans, agent d'accueil dans une mairie, et Jonathan B., ouvrier spécialisé de 35 ans, qui vivent tous deux en banlieue parisienne et ont tous deux une famille à charge, pleuraient dans le box. Lui dit n'avoir fait que "monter, klaxonner et redescendre" du chariot, puis a filmé l'intrusion comme "spectateur". Elle assure n'avoir fait que filmer la scène, selon son conseil.

Cette intrusion violente, qui avait déclenché de vives réactions au sein de la majorité, avait contraint Benjamin Griveaux à être évacué de ses bureaux, situés rue de Grenelle à Paris. Celui-ci avait dénoncé une "attaque inadmissible contre la République".

Avec AFP