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Le père d'Alexis Vastine: "On est une famille maudite"

Adriani Vastine (pull blanc) le frère d'Alexis et son père Alain (à droite) lors de l'hommage rendu à Pont-Audemer dans l'Eure mardi soir

Adriani Vastine (pull blanc) le frère d'Alexis et son père Alain (à droite) lors de l'hommage rendu à Pont-Audemer dans l'Eure mardi soir - BFMTV

Alain Vastine, qui avait expliqué avoir "appris la mort de son fils à la télévision", n'a pu retenir ses larmes devant la foule d'anonymes réunis devant la mairie de Pont-Audemer dans l'Eure où réside la famille.

"On est une famille maudite". Les mots du père du boxeur Alexis Vastine, décédé avec Camille Muffat, Florence Arthaud et sept autres personnes dans le crash de deux hélicoptères en Argentine, sont durs. "Je viens de perdre ma fille (dans un accident de la route, ndlr), il y a deux mois, et là je perds mon fils. Pour toute la famille, c'est dramatique. Il n'y a pas de mots", a-t-il réagi au micro de BFMTV. "Je me dis que je veux rejoindre mes deux enfants. Sur cinq, il ne m'en reste plus que trois", poursuit-il, très ému.

"C'était quelqu'un de bien, c'était mon frère"

Alain Vastine, qui avait expliqué avoir "appris la mort de son fils à la télévision", n'avait pu retenir ses larmes devant la foule d'anonymes réunis devant la mairie de Pont-Audemer dans l'Eure où réside la famille. Seul Adriani, le jeune frère d'Alexis, était parvenu à prendre la parole. "Je tiens à tous vous remercier pour votre présence. Si vous êtes là c'est que vous avez tous connu au moins un peu Alexis. C'était quelqu'un de bien, c'était mon frère", lâche la voix éteinte par les sanglots. Dans l'assistance, les yeux sont rougis et les mots durs à trouver. Alexis Vastine "m'a donné des conseils et beaucoup aidé", raconte un adolescent, habitué de la salle de boxe du clan Vastine. 

"Il n'a pas eu de chance dans la boxe et encore moins dans la vie"

Pour les amoureux du sport, la carrière d'Alexis Vastine restera celle d'un boxeur malchanceux. Le jeune homme de 28 ans s’était fait connaître du grand public aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008. S’il avait décroché le bronze en Chine, il s’était surtout fait durement sanctionné deux fois en demi-finale face au Dominicain Félix Diaz. Une décision arbitrale qui l’avait privé de finale et que le boxeur d’origine russe avait très mal vécue. D’autant que l’histoire s’était répété quatre plus tard aux JO de Londres.

"Il n’a pas eu de chance dans la boxe et il en a encore eu moins dans sa vie, donc c’est dur, expliquait Brahim Asloum à BFMTV mardi. Ses sœurs et son frère étaient des boxeurs, le papa aussi. C’était un peu l’espoir de toute la famille, celui qui devait briller. Il a marqué notre sport et on ne pourra pas l’oublier".

Quant à son ami Teddy Riner, rencontré en 2004 à l'INSEP, il raconte: "Alexis était un pote. C’était quelqu’un d’entreprenant, de courageux.Quelqu’un de respectueux, avec un grand cœur. Quelqu’un sur qui on pouvait compter (...) Il se préparait à tout casser" aux Jeux olympiques de Rio en 2016.

S.A.