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"Le docteur Péchier n'a pas respecté son contrôle judiciaire", accuse un avocat des parties civiles

INFO BFMTV - Selon un avocat des parties civiles, le médecin anesthésiste accusé d'empoisonnements aurait tenté d'influencer des acteurs du procès. Dans l'émission Affaire suivante de BFMTV, l'avocat du Docteur Péchier lui a répondu.

"Le Docteur Péchier n'a pas respecté son contrôle judiciaire." Mi-mai, Frédéric Péchier a été laissé libre sous conditions, sous contrôle judiciaire. Cet anesthésiste de Besançon avait été mis en examen pour dix-sept cas d'empoisonnements présumés de patients, accusations qu'il rejette en bloc.

"Nous avons acquis des éléments qui démontrent que le Docteur Péchier n'a pas respecté son contrôle judiciaire", a affirmé ce dimanche sur BFMTV Frédéric Berna, avocat de plusieurs parties civiles.

Le médecin anesthésiste avait déjà été mis en examen en 2017, pour sept cas d'empoisonnements. Il avait là aussi été relâché sous contrôle judiciaire, qu'il respectait depuis deux ans. C'est d'ailleurs ce respect des conditions de sa liberté qui avait poussé le tribunal à décider d'un second contrôle judiciaire, toujours avec interdiction d'exercer sa profession.

"Influencer de manière déloyale le cours de l'instruction"

"On avait le sentiment qu'il avait respecté son contrôle judiciaire [jusque là] qu'il avait respecté les règles et pas tenté d'influencer les témoins, l'enquête, etc...", explique Maître Berna.

Mais selon les informations de Maître Berna, le Docteur Péchier a pris contact avec des gens à qui il n'avait pas le droit de parler: "Il a tenté d'influencer des experts, il a tenté d'influencer de manière déloyale le cours de l'instruction", assure l'avocat. Un argument qui, s'il est prouvé, devrait entraîner de nouvelles décisions de justice.

En effet, "si la personne mise en examen viole délibérément les obligations du contrôle judiciaire, le juge des libertés et de la détention peut décider de placer la personne en détention provisoire", soit l'enfermer, explique le site Service Publique.

"Des propos quasiment diffamatoires"

Invité de l'émission de BFMTV Affaire suivante ce dimanche face à Maître Berna, Randall Schwerdorffer, l'avocat de Frédéric Péchier, a répondu aux accusations visant son client:

"Je trouve que ce sont des propos qui sont quasiment diffamatoires, parce que nous avons déjà eu un débat auquel Monsieur Berna n'était pas là, devant le juge des libertés et de la détention. Et les arguments qui sont mis en avant (...) ne sont pas des arguments valables. Le juge des libertés et de la détention, il y a un mois de cela, a dit: 'non, il n'y a pas eu de violation de contrôle judiciaire, il l'a scrupuleusement respecté'."

Face à lui, l'avocat des parties civiles a maintenu sa version, réaffirmant que le Docteur Péchier ne respectait pas les termes de son contrôle judiciaire et avait chercher à entrer en contact avec des témoins de l'enquête.

"Nous avons acquis la certitude que ce comportement a pour but de nuire au bon déroulé de l'enquête et à la manifestation de la vérité."

Le Docteur Frédéric Péchier sera fixé sur son sort mercredi prochain, le 12 juin, date à laquelle la chambre de l’instruction de Besançon devra décider si l'anesthésiste restera ou non en liberté le temps que l'instruction de son dossier se poursuive.

Salomé Vincendon avec Juliette Mitoyen