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Laura Smet et David Hallyday veulent faire geler les royalties sur les albums de leur père

INFO BFMTV - Les enfants aînés de Johnny Hallyday ont ouvert un nouveau front judiciaire en assignant en référé les trois maisons de disques du chanteur pour faire geler 75% des royalties, c'est-à-dire le pourcentage des revenus liés aux ventes des disques versé à l'artiste, et désormais à sa veuve Laeticia. Les ventes du dernier album sont également concernées.

Un nouveau front judiciaire ouvert très discrètement fin septembre. Selon nos informations, David Hallyday et Laura Smet ont assigné les trois maisons de disques en charge du catalogue musical de leur père. L'objectif: faire geler par la justice une partie des royalties, c'est-à-dire le pourcentage des revenus générés par les ventes de disques, versées par Universal, Warner et Sony au chanteur et désormais à sa veuve Laeticia, conformément au testament américain, contesté, de l'artiste. Ils souhaitent faire bloquer 75% de ces sommes, en résumé ce qui reviendrait à David, Laura, Jade et Joy si le droit français en matière d'héritage était appliqué. Le tribunal de Paris doit examiner cette requête le 27 novembre.

L'enjeu financier est de taille, d'autant que les royalties constituent la principale source de revenus pour Laeticia Hallyday. Jusqu'à sa mort, Johnny Hallyday touchait chaque année en moyenne 800.000 euros sur les ventes de ses albums. Cette année et l'année prochaine, ces revenus pourraient exploser, avec la sortie le 19 octobre dernier de l'album posthume du chanteur, Mon pays c'est l'amour. En suivant le barème observé pour les anciens albums, ce sont 25% des ventes qui pourraient être reversées aux ayants-droit de l'artiste. Alors qu'un million de disques ont déjà été écoulés en un mois, la nouvelle bataille judiciaire, qui a poussé les deux camps à prendre le chemin des négociations, porte donc déjà sur quelque 2,5 millions d'euros.

Toutefois, toujours selon nos informations, depuis le début du contentieux entre les deux camps, et dans l'attente d'un accord, les maisons de disques ont décidé de ne plus rien verser à la société qui gère ces royalties.

Le trust américain veut récupérer les royalties

En lançant cette procédure en référé en France, David Hallyday et Laura Smet comptent bien empêcher que les royalties entrent dans l'escarcelle du trust américain, JPS pour Jean-Philippe Smet. Argent qui deviendrait alors intouchable pour les aînés. L'entité, en charge du patrimoine de l'artiste pour le compte de Laeticia Hallyday, selon les dispositions prises par le chanteur dans son testament américain, a réclamé à la justice que plusieurs biens, qui n'ont pas encore été enregistrés dans ses comptes, lui reviennent. Parmi ces biens, quatre motos Harley-Davidson, trois voitures de luxe mais aussi, et surtout, les royalties versées au chanteur et à ses héritiers. Une audience, qui devait avoir lieu ce mardi, a été reportée au 22 janvier prochain, à la demande du trustee Bank of America, l'administrateur du trust.

Au mois d'avril dernier, David Hallyday et Laura Smet avaient d'ores et déjà obtenu du tribunal de Nanterre le gel du patrimoine immobilier de Johnny Hallyday mais aussi des droits d'auteur du chanteur. Ainsi, la justice française a ordonné à la Spedidam, l'Ademi et la Sacem, trois sociétés qui gèrent les droits d'auteurs d'artistes français, de retenir l'argent tiré de l'exploitation des oeuvres de Johnny Hallyday. A la différence des royalties qui portent sur l'ensemble des ventes des albums du Taulier, les droits d'auteur sont versés au titre de l'exploitation - la diffusion par les radios, par exemple - des chansons. N'étant en général ni l'auteur des paroles ni de la musique, Johnny détenait les droits sur 93 chansons, droits gérés par sa société Pimiento Music SAS. Entre 2006 et 2010, la société lui avait versé en moyenne 140.000 euros de dividendes par an. 

Sarah-Lou Cohen et Justine Chevalier