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La veuve noire de Narbonne attendue au tribunal

La veuve noire de Narbonne doit comparaître au tribunal ce vendredi 25 novembre.

La veuve noire de Narbonne doit comparaître au tribunal ce vendredi 25 novembre. - Photo d'archives/REUTERS

Surnommée la veuve noire de Narbonne, Yolande Moustrou est attendue ce vendredi au tribunal de Narbonne. Elle est soupçonnée d'abus de faiblesse sur deux de ses amants.

Elle est attendue aujourd’hui sur les bancs du tribunal de Narbonne, mais cela fait des mois qu'elle est absente aux yeux de la justice. Courriers et contrôles judiciaires sont restés lettres mortes. “La veuve noire de Narbonne”, comme l’ont surnommée les médias, est soupçonnée d’abus de faiblesse sur deux de ses amants.

A 53 ans, Yolande Moustrou a déjà eu de nombreux surnoms et fausses identités. “Princesse” dans la bouche de ses hommes, elle était directrice de refuge pour animaux, magnétiseuse ou avocate selon ses dires.

Le suicide de deux hommes

L’histoire débute en 2005, lorsque deux maçons de la région se suicident à six mois d’écart. Le point commun entre les deux hommes: ils étaient les amants de Yolande Moustrou, qui leur avait promis à tous les deux le mariage.

Au lendemain du suicide d’un des hommes, Eric Berthomieu, d’une balle en pleine tête, la maîtresse est surprise dans la chambre du mort: elle essayait d’y voler des bijoux. Pourtant, selon l’enquête, Eric Berthomieu lui avait déjà versé entre 60.000 et 80.000 euros.

Pour satisfaire leur “princesse” comme ils aimaient la surnommer, les deux maçons ont vidé leur compte bancaire. Et ce ne sont pas les seuls à être passés dans les filets de la veuve de Narbonne. En tout, une dizaine d’hommes ont été victimes de Yolande Moustrou.

“Un système de rançonnage”

Les enquêteurs estiment que Yolande Moustrou avait mis en place “un système de rançonnage”.

“C’est une veuve noire capable de manipulation hypnotique”, raconte au Parisien Me Yann Méric, avocat de la famille d’Eric Berthomieu, “elle abusait de la faiblesse de ces hommes en prétendant être diabétique un jour, cancéreuse un autre”.

Victime et bourreau 

A ses amants, Yolande Moustrou imposait des initiations “au reiki”, une recherche “d’énergie universelle”. De plus, elle réclamait de ses amants qu’ils paient ses factures d’électricité. Pendant tout ce temps, la femme vivait chez son ex-mari, Eric Bourceau, duquel elle était divorcée depuis 2002.

Un ex-époux devenu son complice, c’est lui qui avait annoncé aux deux maçons amants qu’elle avait perdu leur enfant, après une fausse grossesse. Une occasion pour réclamer encore de l’argent.

Pour Philippe Calvet, avocat d’Eric Bourceau, son client est lui aussi une victime. “Mon client est d’abord la victime de son ancienne épouse, car il présente la même personnalité soumise que les autres hommes” assure-t-il. Lui sera présent sur le banc des prévenu ce vendredi à Narbonne, la présence de la veuve noire, elle, reste un mystère. 

M.H.