BFMTV

La nouvelle version de Jonathann Daval est plus difficile à défendre, confie son avocat

Invité d'Affaire suivante ce dimanche, Me Randall Schwerdorffer a affirmé que la nouvelle version des faits présentée par son client Jonathann Daval un an après l'assassinat de son épouse est "moins aisée" à défendre que ne l'était la première. Mais il compte bien "se battre avec réflexion et prudence".

Me Randall Schwerdorffer, invité d'Affaire suivante ce dimanche sur BFMTV, est revenu sur le récent rejet de mise en liberté de son client Jonathann Daval. "On ne peut pas parler d'une grande surprise, mais il fallait essayer" a-t-il déclaré.

L'avocat a ensuite reconnu que "ce n'était pas un dossier facile". Avant d'affirmer: "Jusqu'au bout je ne m'attend pas à ce que ce soit facile. On se battra avec réflexion et prudence."

"Défendre la version initiale était plus simple"

"Le dossier n'est pas encore figé" a poursuivi notre invité, "nous attendons les confrontations en présence immédiate de la famille d'Alexia. J'attend beaucoup de ces confrontations car Jonathann n'a pas encore vu ses beaux-parents. Il y aura là une dimension humaine et émotionnelle qu'il n'y avait pas à la chambre de l'instruction."

"Honnêtement, défendre la version initiale était beaucoup plus simple" a concédé l'avocat, interrogé par Dominique Rizet et Philippe Gaudin. "Cela était beaucoup plus aisé que de défendre une deuxième, puis une troisième version des faits mais Jonathann nous donne aujourd'hui une explication sérieuse."

"Je pense que ce dossier là est complexe, qu'il n'est pas terminé et que nous auront encore des surprises dans les mois à venir" a-t-il ajouté.

"Ce mensonge-là existe, il est réel"

"Ce sera un procès à quitte ou double. C'est soit l'acquittement, soit une peine extrêmement lourde. Ce mensonge là existe, il est réel. Par quoi était-il motivé? Était-il encerclé? Avait-il le choix? Peu importe. Toujours est-il que cela pèsera très lourd s'il y a une peine" a-t-il estimé.

Me Schwerdorffer a également déploré l'usage de la visioconférence mardi à Besançon, regrettant que son client "ne voit rien, n'entende quasiment rien". Jonathann Daval a été décrit par son avocat comme un homme "touché, fébrile, voire fragile" lors de ce moment-clé. Les proches d'Alexia Daval ont notamment regretté que le meurtrier présumé ne leur adresse pas un mot. Un attitude que son avocat justifie de la manière suivante:

"Jonathan ne les voyait pas dans la salle, il était face à un écran et parlait face à une caméra." 

Mardi, la justice a rejeté pour la deuxième fois la demande de remise en liberté déposée par Jonathann Daval, suspecté d'avoir tué son épouse Alexia. Il y a un an jour pour jour, le 30 octobre 2017, le corps de leur fille de 29 ans était découvert en partie calciné dans un bois près de son domicile de Gray, deux jours après que sa disparition a été signalée.

Jeanne Bulant