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La nouvelle défenseure des Droits "n'aime pas" le terme de violences policières

Claire Hédon à l'Elysée en octobre 2017.

Claire Hédon à l'Elysée en octobre 2017. - LUDOVIC MARIN

Claire Hédon, nommée cette semaine défenseure des Droits, estime que le terme de violences policières "vise à accuser l'ensemble de la police".

À peine parti, Jacques Toubon déjà regretté? La nouvelle défenseure des Droits suscite la polémique après sa prise de position sur le terme de violences policières. Nommée il y a seulement deux jours, Claire Hédon dit ne pas valider cette formule pour qualifier les différents faits violents reprochés à des policiers.

Je n’aime pas le terme général qui viserait à accuser l’ensemble de la police, a indiqué la défenseure des Droits ce vendredi matin sur France Inter.

"Travail de formation"

Reconnaissant qu'il y a un problème de violence chez "certains", Claire Hédon dit vouloir travailler sur la formation des forces de sécurité.

"Il y a tout un travail à faire, d’abord pour les situations qui existent en ce moment pour que justice soit faite, explique-t-elle. Et il y a tout un travail de formation des forces de sécurité à faire, de réflexion au sein même de la police pour justement changer certaines pratiques, empêcher les dérapages."

La défenseure des Droits a affirmé vouloir se rendre rapidement dans une école de formation de la police pour assister à une formation à la déontologie mais aussi pour recueillir le sentiment des aspirants policiers. "J’ai aussi envie de les écouter, de voir comment se passe cette formation", détaille-t-elle encore.

À la fois, nous on est là pour dire le droit, quelle est la déontologie, ce qu’on ne peut pas faire, mais aussi entendre la façon dont ça peut être perçu au sein de la police et comment on peut la faire bouger, cette police.

Vives réactions

Ces déclarations ont provoqué de vives réactions de la part de responsables politiques et civils, notamment sur les réseaux sociaux.

"Ahurissant déni à l'égard des victimes, éborgnées, contrôlées au faciès, discriminées!", s'insurge le député de la France insoumise Bastien Lachaud.

"Les violences policières existent, cette expression n'accuse en rien l'ensemble de la police", abonde Maxime Cochard, conseiller de Paris qui estime que Claire Hédon se "disqualifie dès sa première sortie".

"Madame, les affinités politiques n'obligent pas à trahir la parole de l'institution dont on vous a confié la charge", a réagi Me Arié Alimi, avocat de nombreuses victimes dont la famille de Cédric Chouviat, ce livreur mort lors de son interpellation au début de l'année.

Avant elle, certains avaient dénoncé l'usage du terme "violences policières", estimant que les forces de sécurité disposent de la force légitime. Ainsi, la cheffe de l'Inspection générale de la police nationale préfère parler de "violences présumées illégitimes" dans les affaires d'actes violents lors de la mobilisation des gilets jaunes.

"L'usage de la violence par la police est extrêmement encadrée, c'est ce qu'on appelle de la violence légale", avait tenu à rappeler en janvier dernier l'ancien secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.
https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV