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La famille d'Adama Traoré porte plainte contre la première médecin légiste

Adama Traoré est mort en 2016.

Adama Traoré est mort en 2016. - AFP

L'avocat d'Adama Traoré, mort après avoir été interpellé par des gendarmes en 2016, a déposé ce lundi matin une plainte déontologique contre la médecin légiste qui a autopsié le corps d'Adama Traoré juste après sa mort. Elle avait mis en évidence une malformation du coeur qui aurait provoqué la mort du jeune homme. Malformation qui n'a pas été décelée par un collège d'experts qui a réalisé une contre-expertise.

L'avocat d'Adama Traoré, mort après avoir été interpellé par des gendarmes en 2016, a déposé ce lundi matin une plainte déontologique contre la médecin légiste qui a autopsié le corps d'Adama Traoré juste après sa mort. Plainte déposée devant le conseil départemental des médecins des Hauts-de-Seine.

La famille d'Adama Traoré estime que ce médecin "a commis des manquements déontologiques qui ont entravé la manifestation de la vérité" et demande à l'Ordre "des sanctions disciplinaires" à son encontre.

Une première expertise au coeur de la plainte

Dans son rapport d'expertise rendu le 26 juillet 2016, la médecin légiste, désignée par le procureur de Pontoise, écrit avoir mis en évidence une "cardiomyopathie hypertrophique, qui est potentiellement la cause directe de la mort". C'est à dire une malformation du cœur, qui n'aurait jamais été détectée auparavant, et qui aurait conduit Adama Traoré à une mort subite, sans lien avec les conditions de son interpellation.

Deux ans plus tard, en septembre dernier, un corps d'experts composé de quatre médecins différents, dont un cardiologue, a réalisé une contre-expertise médicale. Dans leur rapport, ils estiment qu'aucun élément, si ce n'est la taille importante du cœur, ne laisse penser à l'existence d'une malformation cardiaque et excluent, de fait, la piste d'un organe défaillant pour expliquer son décès. Selon eux, c'est l'effort produit durant sa fuite de 15 minutes, cumulé à un stress intense, à d'autres problèmes de santé qu'il avait, ainsi qu'à la forte chaleur ce jour là, qui ont pu conduire à ce processus fatal.

"Orientation de l'enquête"

Néanmoins, même si ces experts exonèrent les gendarmes de toute responsabilité directe dans la mort, la famille d'Adama Traoré estime que la première médecin, "pas spécialiste en cardiologie", a orienté dès le début l'instruction vers la piste d'un décès accidentel et inévitable lié à sa prétendue défaillance cardiaque. Piste écartée depuis. C'est pour cela qu'elle dépose plainte aujourd'hui devant le conseil départemental de l'ordre des médecins.

Dans ce dossier, à ce jour, aucun des gendarmes qui a procédé à l'interpellation n'est mis en examen et n'a été entendu par le juge en charge de l'instruction.

Alexandra Gonzalez