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Deux ans après la mort d'Adama Traoré, une marche contre un "déni de justice"

Environ 1.500 personnes ont marché pour rendre hommage et "faire justice" à Adama Traoré ce samedi à Beaumont-sur-Oise. Le jeune homme était mort il y a deux ans suite à son interpellation par les gendarmes.

"On n'oublie pas, on pardonne pas": deux ans après la mort d'Adama Traoré à la suite de son interpellation, quelque 1.500 personnes ont défilé en banlieue parisienne pour dénoncer la lenteur de la justice et exiger des "réponses" de l'Etat.

Toutes les formations de gauche étaient représentées, du NPA au PCF en passant par la France insoumise ou EELV, et jusqu'au Parti socialiste.

"Si on est aux côtés de la famille d'Adama Traoré, c'est pour leur dire que ce qui est arrivé à leur frère ne concerne pas qu'une personne noire issue des quartiers populaires, mais l'ensemble des Françaises et Français", a résumé David Cormand, secrétaire national d'EELV.

Une justice "trop lente" pour la famille

Comme l'an passé, la famille Traoré a tenu à rendre hommage à Adama en remontant les rues de la petite ville de Beaumont-sur-Oise dans le Val-d'Oise, à 30 kilomètres au nord de Paris, jusqu'au quartier HLM de Boyenval, où il a vécu. Il est mort dans la ville mitoyenne de Persan, le 19 juillet 2016, le jour de ses 24 ans. 

Mais, cette année, la famille entendait aussi dénoncer avec force la lenteur de la justice, après avoir appris mardi qu'une expertise médicale très attendue - la quatrième - pour faire la lumière sur les causes de sa mort, encore très discutées deux ans après, ne serait pas rendue avant fin septembre. 

Son décès - par "asphyxie", comme l'a établi une précédente expertise il y a un an - avait été constaté deux heures après son interpellation par les gendarmes, qui l'avaient maintenu au sol sous le poids de leurs corps, selon la technique du "placage ventral", mais sans lui porter de coups.

Le jeune homme, dont une expertise a révélé une fragilité cardiaque antérieure, avait fait un malaise dans leur véhicule avant de décéder dans la cour de la gendarmerie de Persan, la ville. 

J.B avec AFP