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L'automobiliste qui a foncé sur des étudiants à Blagnac souffre d'antécédents psychiatriques

Trois personnes ont été blessées dans la collision, qui s'est produite devant une école de commerce à Blagnac

Trois personnes ont été blessées dans la collision, qui s'est produite devant une école de commerce à Blagnac - Hugues Jeanneau-AFP

Trois étudiants de nationalité chinoise ont été blessés vendredi par un automobiliste qui a "volontairement" foncé sur eux. L'homme, qui a été interpellé sans difficulté, souffre d'antécédents psychiatriques lourds.

Un automobiliste aux lourds antécédents psychiatriques a foncé "délibérément" vendredi sur un groupe de piétons à Blagnac, près de Toulouse, blessant trois étudiants chinois, dont l'un grièvement, les autorités judiciaires excluant tout lien avec le terrorisme.

"Nous avons été avisés à 15h45 qu'un homme au volant de son véhicule Clio avait foncé volontairement sur trois personnes", a déclaré sur place le procureur de la République Pierre-Yves Couilleau, précisant que l'homme avait "indiqué qu'il souhaitait renverser ces personnes".

Recherché pour des faits de droit commun

Dans une France traumatisée par des attentats terroristes, commis parfois selon le même mode opératoire, l'individu, âgé de 28 ans, qui n'était pas fiché S mais recherché pour des faits de droit commun, a renversé trois étudiants alors qu'ils traversaient à un passage piéton. Les faits se sont déroulés devant le campus de l'Institut de gestion sociale, route de Grenade, dans un quartier résidentiel de Blagnac.

"Ce qui compte dans cette affaire, c'est le profil psychiatrique de la personne", a poursuivi le procureur, ajoutant que le jeune homme faisait l'objet de deux sursis avec mise à l'épreuve et obligation de soins.

Cet homme, célibataire et sans enfant, qui vivait chez sa mère à Blagnac, était suivi pour de lourds antécédents psychiatriques et avait été hospitalisé d'office jusqu'en décembre 2016, a précisé le parquet. "L'individu interpellé immédiatement après les faits a indiqué avoir projeté ce passage à l'acte depuis un mois." Interrogé sur d'éventuelles motivations terroristes, Pierre-Yves Couilleau a répondu qu'"il n'y avait rien de cet ordre-là". L'automobiliste, qui s'est arrêté spontanément après les faits, a été placé en garde à vue dans les locaux du SRPJ de Toulouse, chargé de l'enquête de flagrance du chef de "tentative d'assassinat".

Trois étudiants chinois en échange

Parmi les blessés, étudiants chinois en échange à l'ICD Toulouse-International Business School, une jeune fille de 23 ans a été plus grièvement atteinte sans que son pronostic vital ne soit engagé. Les deux autres, un jeune homme et une jeune fille, respectivement âgés de 22 et 23 ans, ont été plus légèrement touchés. L'un d'eux est ressorti de l'hôpital en fin de journée. Une autre victime de nationalité française, "choquée", est également à déplorer, a-t-il dit. Il s'agit d'un témoin de l'agression, selon la police. Le service d'aide aux victimes saisi par le parquet a d'ores et déjà pris attache avec certains blessés. S'agissant des deux victimes restant hospitalisées, l'une souffre d'un traumatisme thoracique et d'une blessure à une jambe, l'autre d'un traumatisme crânien.

"Soutien aux jeunes blessés à Blagnac, immédiatement pris en charge par nos services de secours", a tweeté le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. "Je salue la réactivité de la police nationale qui a interpellé le conducteur. C'est l'enquête qui déterminera la nature de son acte." La ministre des Transports Elisabeth Borne, en déplacement à Toulouse vendredi, s'est rendue brièvement sur place.

Cette agression intervient alors que la France vit sous une constante menace terroriste depuis la vague d'attentats jihadistes sans précédent, parfois de masse, qui ont fait 241 morts depuis 2015. Les craintes sont d'autant plus vives qu'une attaque meurtrière a été commise le 1er octobre sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille où un Tunisien de 29 ans avait tué au couteau deux cousines, avant d'être abattu par la police. Le groupe Daesh a revendiqué ces assassinats, mais les enquêteurs français n'ont pas, pour l'heure, trouvé d'élément reliant l'assaillant à l'organisation jihadiste.

C.H.A. avec AFP