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Kurdes tuées : un conflit interne au PKK ?

Les trois activistes kurdes ont été tuées par plusieurs balles dans la tête

Les trois activistes kurdes ont été tuées par plusieurs balles dans la tête - -

Ce que révèlent les premiers éléments de l'enquête sur le meurtre de trois militantes kurdes survenu à Paris dans la nuit de mercredi à jeudi.

L'autopsie des corps des trois activistes kurdes découverts jeudi à Paris a permis de déterminer que l'une des trois femmes avait reçu quatre balles dans la tête. Les deux autres ont été tuées de trois balles dans la tête.

Ces constatations accréditent la thèse d'une exécution, évoquée jeudi par une source policière après la découverte des trois corps dans le Centre d'information sur le Kurdistan, situé à deux pas de la gare du Nord, dans le nord-est de Paris.

Parmi les trois victimes figure Sakine Cansiz, 55 ans, membre fondatrice du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, interdit en Turquie), considérée comme une proche de son chef emprisonné Abdullah Öcalan.

Un crime peut-être commis en interne

Selon le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, les meurtres des trois activistes semblent être le résultat d'une querelle interne au sein du Parti des travailleurs du Kurdistan.

Même s'il a rappelé qu'il fallait attendre les conclusions de l'enquête de la police française, Erdogan a toutefois estimé que ses premiers éléments semblaient privilégier la piste d'un crime commis par quelqu'un de l'intérieur, en soulignant que le bâtiment dans lequel s'est produit le drame était muni d'un système de sécurité à code confidentiel.

"Ces trois personnes ont ouvert la porte. Elles ne l'auraient sûrement pas fait si elles ne connaissaient par l'assassin, ou alors celui-ci possédait le code" d'entrée, a déclaré le Premier ministre turc.

La piste du sabotage des négociations

Selon ce dernier, ces crimes peuvent être l'oeuvre de certains milieux, qu'il n'a pas identifiés, voulant "saboter" les récentes négociations de paix entre Ankara et le PKK.

Ainsi, plusieurs pistes sont envisageables, indique le politologue Olivier Roy à BFMTV.com, évoquant aussi le possible "sabotage" des négociations par l’extrême-droite turque.

Roy avance par ailleurs la thèse de la Syrie. "En tant que traditionnel soutien du PKK, le régime d'Assad pourrait avoir envie de placer la Turquie en difficulté", analyse-t-il.