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Isère: le destinataire du selfie macabre a confié à sa mère être "une des causes" de l'attentat

Un gendarme sécurisant les lieux du drame en Isère, vendredi.

Un gendarme sécurisant les lieux du drame en Isère, vendredi. - Jean-Philippe Ksiazek - AFP

Yunes-Sébastien, le jihadiste français à qui l'auteur présumé de l'attentat en Isère a envoyé un selfie macabre avec la tête de son employeur, a confié qu'il était "une des causes" de cet attentat, rapporte sa mère mercredi.

Yunes-Sébastien, un technicien de 30 ans originaire de Franche-Comté, est l'homme à qui Yassin Salhi, auteur présumé de l'attentat en Isère, a envoyé un selfie macabre vendredi, avec la tête de son employeur. Ce jeune homme jihadiste et français se trouve actuellement en Syrie, près de Raqqa, où il combat dans les rangs de l'organisation État islamique. Il y est parti en novembre 2014, avec sa femme et sa petite fille âgée de 2 ans.

Vendredi soir, quelques heures après l'attentat en Isère, sa mère, en France, l'a contacté. "J'ai écrit un message à mon fils par WhatsApp", pour lui parler de ce qui s'était passé, explique-t-elle sur Europe 1. "Oui je sais, c'est un bon frère à moi", lui a répondu Yunes-Sébastien, à propos de Yassin Salhi.

"Dans le message, il me met: "Je suis une des causes dans ce qu'il a fait"", a ajouté sa mère, dont le nom n'a pas été dévoilé. "Il fait partie des terroristes désormais pour moi, mais je ne peux pas vous dire pour autant si c'est lui qui a commandité" l'attentat, admet-elle. 

"C'est comme si j'avais enfanté un monstre"

L'annonce de ce lien entre l'auteur présumé de l'attentat en Isère et son fils a bouleversé la maman. "Je suis tombée des nues. Inutile de vous dire dans quel état ça m'a mis", explique-t-elle dans un sanglot, désemparée depuis le départ de son fils. "C'est comme si j'avais enfanté un monstre. Il m'a privé de ma petite-fille qui n'a pas choisi" d'aller en Syrie.

Quatre jours après l'assassinat de son patron et l'attaque d'un site gazier en Isère, Yassin Salhi a été mis en examen mardi soir dans une enquête qui s'oriente bien vers un acte terroriste islamiste, bien que le suspect réfute cette dimension et affirme qu'il s'agissait d'un "règlement de comptes personnel". Vendredi, peu après avoir tué son employeur, il aurait envoyé par WhatsApp à Yunes-Sébastien une photo où il posait à côté de la tête de sa victime.

A. G. avec AFP