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Interpellation musclée à Bordeaux: la police défend une opération "appropriée et réglementaire"

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Une interpellation filmée samedi à Bordeaux lors d’une manifestation de gilets jaunes fait polémique sur les réseaux sociaux. A nouveau accusées de violences policières, les forces de l’ordre se défendent et affirment que le jeune homme interpellé sans ménagement avait dans un premier temps fait preuve d'agressivité.

Une nouvelle fois accusée de violences, la police tente de désamorcer la polémique. Depuis samedi, une vidéo suscite l'émoi sur les réseaux sociaux. Intitulé "Interpellation violente de la BAC", ce court film de 48 secondes montre un jeune homme, participant à une manifestation de gilets jaunes, interpellé sans ménagement au milieu de voyageurs alignés devant les parois vitrées de la gare de Bordeaux, dont des enfants.

Capturé par un "média indépendant et militant", ce moment enflamme les réseaux sociaux depuis ce week-end, totalisant ce mardi matin quelque 2,6 millions de vues.

Sur ces images, un policier s'avance et désigne un homme: "Non, à gauche, à gauche!" Un autre policier court alors vers un autre homme porteur d'un bonnet vert, l'attrape par les vêtements et le tire au sol, avant de l'immobiliser tandis que son collègue lui assène un coup de pied dans le bas du corps, devant des badauds interloqués. Plusieurs enfants sont éloignés de la scène.

"Ce ne sont pas des violences policières"

Au coeur de la tempête, les forces de l’ordre justifient cette virulente interpellation et affirment qu'elle était "appropriée et réglementaire". Grégory Hugues, représentant Alliance police nationale Aquitaine, tient en effet à rappeler le contexte de la manifestation:

"Ce qui se passe avant, c’est qu’on a un groupe d’une trentaine d’individus armés de barres de fer qui s’en prennent à des policiers, qui ont même roué de coups un policier allongé sur le sol. Il (le jeune homme au bonnet vert, ndlr) est donc saisi d’une façon qu’on pourrait qualifier de violente, sorti de son contexte, mais ce ne sont pas des violences policières. Il s’agit de le saisir et de l’extraire rapidement du groupe et de l’immobiliser", détaille-t-il à BFMTV.

Même son de cloche du côté du directeur départemental de la sécurité publique de la Gironde, Patrick Mairesse, contacté par l'AFP. Il raconte que le jeune homme au bonnet avait été auparavant vu par un policier en train de "jeter des pierres" en direction des forces de l'ordre, dans le secteur de la gare, alors en proie à "beaucoup d'agressivité". "Un hélicoptère l'avait précédemment filmé en train de récupérer des objets sur un chantier", ajoute le parquet de Bordeaux.

Des gestes "appropriés et réglementaires"

"Oui, il est interpellé au milieu de badauds, mais c'est lui qui s'est dissimulé au milieu d'eux pour éviter d'être interpellé", justifie le chef de la sécurité publique. "Le policier a effectué un balayage qui consiste à mettre à terre une personne pour qu'elle soit menottée plus facilement: ce geste fait partie des techniques appropriées et réglementaires", insiste-t-il.

Mais du point du vue des manifestants, ces explications ne justifient pas un tel usage de la force. Interrogée par BFMTV, Apolline, l’étudiante qui a filmé la scène, affirme qu’un autre homme, qui tentait de se rapprocher de "sa copine" a été pris pour cible par "un agent de la BAC qui s’est jeté sur lui, l’a plaqué au sol, on ne sait pas pourquoi. Il n’y avait pas de raison. Moi on a tenté de m’empêcher de filmer".

Usage de gaz lacrymogène, tir de LBD, emploi disproportionné de la force... Les accusations de violences policières se multiplient, aggravant toujours un peu plus la défiance envers les fonctionnaires. Malgré ses efforts pour "recontextualiser" et montrer les violences dont elle s'estime victime lors des manifestations, la police semble avoir du mal à calmer l'indignation. 

Adélaïde Mangin avec Ambre Lepoivre et AFP