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Interpellation à Mantes-la-Jolie: "J’ai failli perdre mes deux mains", raconte le jeune brûlé

Le 7 novembre dernier, un jeune homme a été brûlé aux bras lors de son interpellation à Mantes-la-Jolie. Ce dernier confie à BFMTV les violences, à caractère raciste, dont il aurait été victime. Ce que nient les policiers. Une enquête a été ouverte pour "violences par dépositaire de l'autorité publique".

Plus de deux semaines après les faits, ses mains sont toujours recouvertes de bandages. Un jeune homme de 27 ans dénonce les violences policières et les insultes racistes dont il aurait été victime le 7 novembre dernier lors de son interpellation à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines. Une arrestation dont il garde les séquelles puisqu'il a été brûlé aux mains. Une enquête a été ouverte pour "violences par dépositaire de l'autorité publique". L'IGPN, la police des polices a été saisie.

"Ca me brûle, ça me chauffe"

Ce jour-là, le jeune homme se trouve dans la cité du Val Fourré. Des policiers s'arrêtent et réclament de contrôler le véhicule dont il a les clés, mais qui appartient à un ami. Le jeune homme s'exécute. Rien n'est découvert à l'intérieur mais d'autres policiers arrivent au même moment. Les agents lui demandent d'entrer dans le fourgon pour vérifier son identité. L'homme s'exécute, semble-t-il dans le calme, comme le montre une vidéo. 

"Là, ils ouvrent le camion, ils me disent ‘montez’, témoigne le jeune homme pour la première fois à BFMTV. Je monte, je mets le premier pas. Le deuxième pied, directement ils me mettent les menottes, ils me mettent à terre et commencent à me taper."

Maintenu au sol dans le fourgon de police, direction le commissariat, le jeune homme a alors eu les mains, menottées, sur la sortie d'un chauffage défaillant. Les policiers me tenaient. Je disais ‘ça me brûle’, ça commence à brûler, c’est chaud. Et ils me disaient ‘Ta gueule! Tu vas payer sale noir’. Ils commencent à me taper. J’étais en sueur. Je leur disais ‘ça me brûle, ça me chauffe’. Plus ils accéléraient, plus ça brûlait."

Un individu "virulent"

Une fois arrivés au commissariat, les policiers, s'apercevant des blessures du jeune homme, appellent les pompiers. Il est alors conduit à l'hôpital. Soigné une première fois, il ressort avec deux jours d'ITT. Face à la douleur, il revient aux urgences. Les médecins constatent des brûlures au deuxième et troisième degrés. Aggravées par le diabète dont souffre le jeune homme. "Ils m’ont fait une greffe parce que ma peau était arrachée, détaille le jeune homme. C’était brûlé profondément à deux centimètres de ma veine. J’ai failli perdre mes deux mains."

Mantes
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Cette version a été démentie par les policiers. S'ils confirment une interpellation pour "outrage", les agents expliquent avoir été obligé de coucher l'individu au sol tant il était "virulent". A aucun moment, il ne se serait plaint de la chaleur tellement il "gesticulait". Il aurait également tenté de "mordre" un fonctionnaire au mollet. "Il n’a pas senti ses brûlures. Ce n’est qu’arrivé au commissariat de Mantes, où l’adrénaline était retombée. Je pense qu’il s’est aperçu de ses brûlures", estime Cyril Thiboust, syndicat Unité SGP-Police FO dans les Yvelines.

Justine Chevalier avec Fabien Crombé