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Yvelines: plainte après une interpellation à Mantes-la-Jolie

Quartier du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines.

Quartier du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines. - MIGUEL MEDINA - AFP

Un jeune homme accuse des fonctionnaires de police de l'avoir insulté, malmené et laissé se brûler contre un chauffage embarqué dans leur fourgon. Les policiers démentent cette version des faits. BFM Paris s'est procuré les photos des blessures de la victime.

Un homme de 27 ans a porté plainte samedi auprès du parquet de Versailles après son interpellation à Mantes-la-Jolie au cours de laquelle il dit avoir été gravement brûlé, indique son avocat. Le jeune homme a porté plainte contre X pour "violences policières à caractère raciste", selon une copie de la plainte. Une version qui est catégoriquement contestée par les policiers qui s'expliquent la gravité des blessures par le fait que l'homme est "diabétique" et possède une peau beaucoup plus facile que la normale.

Selon Me Calvin Job, son avocat, le plaignant se trouvait dans la cité du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, mardi vers 17 heures quand des policiers sont arrivés et ont voulu contrôler un véhicule. Le jeune homme, qui possédait les clés de ce véhicule appartenant à l'un de ses amis, a proposé aux policiers de l'ouvrir et ces derniers l'ont fouillé sans rien y trouver, selon Me Job.

Injures racistes, violences? Les versions diffèrent

Un deuxième fourgon de police est alors arrivé et d'autres fonctionnaires ont demandé au jeune homme d'embarquer pour un contrôle d'identité, ce que ce dernier a consenti à faire sans "aucune opposition", a affirmé la même source. Selon le plaignant, dans le fourgon, les policiers l'ont alors menotté, frappé et traité de "sale négro", le "maintenant" contre un chauffage situé dans le fourgon et "ignorant" ensuite ses cris pendant le trajet.

Une source policière a confirmé à BFMTV l'interpellation pour "outrage et rébellion" par la Brigade spécialisée de terrain (BST) de Mantes-la-Jolie, mais évoque un individu "très virulent". Les policiers nous ont expliqué qu'"ils ont dû coucher l'individu au sol dans le fourgon tellement il était virulent" et qu'"il s'est brûlé sur la bouche de sortie du chauffage à l'arrière."

Le diabète de l'interpellé a-t-il contribué à aggraver les brûlures?

Surtout, la gravité des brûlures "au second degré", d'après les policiers, serait due au fait que l'homme est "diabétique". 

"Arrivés au commissariat quand on lui a fait sa fouille de sécurité pour la mise en garde à vue, on a vu que les mains étaient abîmées et il (l'interpellé) a retiré un bracelet bijou qu"il avait au poignet. en l enlevant, ça a retiré de la peau et fait saigner. (...) Ce qu'il faut savoir c'est que l'individu est diabétique et que le diabète abîme la peau et l'affine considérablement."

Arrivé au commissariat, les policiers ont alors appelé les pompiers qui l'ont emmené à l'hôpital où il a passé la nuit, ressortant le lendemain matin avec deux jours d'ITT pour des brûlures aux bras. Rentré quelques heures chez lui, il est ensuite revenu à deux reprises au cours des jours suivants à l'hôpital après l'aggravation de ses blessures, avant d'être finalement opéré vendredi, selon son conseil, qui précise qu'il doit rester hospitalisé une semaine.

BFM Paris s'est procuré les photos des blessures de la victime.
Mantes-la-Jolie
Mantes-la-Jolie © -

L'avocat du jeune homme réclame désormais que l'IGPN, l'inspection générale de la police nationale, soit saisie.

David Namias avec Maimouna Barry, Cécile Ollivier et AFP