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Incidents du 1er Mai à Paris: "Tout était favorable pour que ça explose"

Des violences ont éclaté en marge du défilé du 1er Mai, à Paris.

Des violences ont éclaté en marge du défilé du 1er Mai, à Paris. - Alain Jocard - AFP

De violents incidents ont éclatés ce mardi à Paris en marge du cortège syndical du défilé du 1er Mai. Environ 1.200 individus cagoulés et masqués ont commis de nombreuses dégradations et violences sur leur passage, créant une situation de chaos.

Des scènes de violence en plein Paris. Des heurts ont éclaté ce mardi en marge du traditionnel défilé syndical du 1er Mai lorsqu'un groupe d'environ 1.200 individus encagoulés a commis dégradations et violences et s'en est pris aux forces de l'ordre, dans le 13e arrondissement de la capitale.

Plusieurs vitrines de commerces ont été brisées sur le trajet du cortège, tandis qu'une concession Renault et un restaurant McDonald's ont été saccagés et que des engins incendiaires ont été lancés. La préfecture de police a indiqué en fin d'après-midi que près de 200 "black blocs" avaient été interpellés. Une situation de violence inédite pour un 1er Mai, que décrypte pour BFMTV Eddy Fougier, politologue spécialiste des mouvements contestataires. 

> Qui sont les individus qui ont commis des violences ce mardi en marge du défilé du 1er Mai?

Eddy Fougier: "Ce sont des individus qui appartiennent à des groupuscules qui relèvent de ce que l'on appelle 'l'ultra-gauche'. Ce sont des mouvements d'extrême-gauche, des mouvements anarchistes, des mouvements anarcho-autonomes, qui sont dans une logique d'exploitation des mouvements de désordre.

Une manifestation est un moment de désordre assez typique. Dans ce contexte, ils vont s'en prendre à deux symboles qu'ils détestent particulièrement: premièrement au symbole de l'Etat, en l'occurrence les forces policières, qui incarnent l'Etat à leurs yeux, puis aux différents symboles du capitalisme, ici une concession Renault et un McDonald's, qui sont des symboles d'entreprises, de multinationales, et donc du capitalisme qu'ils rejettent. Ce sont autant de symboles contre lesquels ils vont agir, dans une logique à la fois politique et de désordre". 

> Ces images de violences sont-elles surprenantes?

"Les images en tant que telles ne sont pas surprenantes. Elles évoquent les manifestations du 1er Mai 2017 et celles contre la Loi Travail, en 2016. Mais ce qui est surprenant, c'est le nombre d'individus venus perturber le cortège: la préfecture de police parle de 1.200 personnes cagoulées et 200 personnes arrêtées. C'est un nombre sans commune mesure avec ce que l'on a pu connaitre auparavant. 

Toutefois, l'armement important de ces groupes n'est malheureusement pas nouveau ni surprenant. En 2016, ils allaient cacher dans des poubelles ou dans des endroits spécifiques des armes et des engins incendiaires".

> Ce mouvement des "black blocs" est-il en pleine expansion?

"Je ne sais pas si c'est un mouvement qui s'agrandit, mais le contexte lui est favorable. Plusieurs universités se sont embrasées, il y a donc beaucoup de personnes mobilisables du côté des étudiants. Pour rappel, lors des manifestations violentes de 2016, les lycéens avaient été particulièrement mobilisés, c'est un facteur important. L'autre facteur c'est ce qui se passe du côté de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, où il y a aussi des individus appartenant à des mouvements radicaux qui sont mobilisés.

Chacun a donc une cause de mobilisation contre les décisions du gouvernement, tant en termes de réforme de l'université que d'évacuation de la Zad. Le contexte était particulièrement favorable pour que la situation dégénère, le tout lors d'un jour classique de manifestation revendicative. Tout le cocktail était favorable pour ce que ça explose". 

Adrienne Sigel