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Que veulent dire les banderoles des black blocs?

"Marx attack", "Sous les k-ways la plage !", "À bas la hess!": les slogans employés par les black blocs reflètent l'idéologie libertaire, anarchiste et anticapitaliste du mouvement contestataire.

Avant que la manifestation parisienne du 1er mai ne bascule dans la violence, les black blocs, devançant le cortège syndical, ont affiché un front de banderoles contestataires face aux caméras. Ces slogans, brandis par 1.200 individus cagoulés, reflètaient les inspirations anarchistes de ces casseurs, usant parfois de références "pointues".

Parmi les mots d'ordres affichés, certains - "le black bloc colore nos vies", "nous sommes dans une colère noire" - faisaient explicitement référence à la mouvance libertaire. Certaines formules mettaient également en avant la violence des black blocs, revendiquée comme moyen d'expression politique. "Risques de troubles à l'ordre public", affichait ainsi une bannière, parodiant le sabir préfectoral, tandis qu'une autre prévenait: "Cette fois on est organisé."

Marx et Booba 

De nombreuses affiches se référaient à une identité politique anticapitaliste et révolutionnaire. "Marx attack", pouvait-on lire sur une banderole, en référence à l'économiste et philosophe, né il y a 200 ans presque jour pour jour. En référence à un autre anniversaire, celui de mai 68, une banderole scandait "Sous les k-ways la plage". L'opposition au "nouveau monde" d'Emmanuel Macron est virulente: "Premiers de cordée, premiers guillotinés", affirmait ainsi un drapeau, visant ceux que le président de la République avait expliqué vouloir protéger

Enfin, certaines références, plus "ésotériques" pour le grand public, citaient des paroles ou "punchlines" issues de la culture urbaine. "La piraterie féministe n’est jamais finie", pouvait-on lire en tête du cortège. Un détournement de paroles du rappeur Booba, devenues un véritable cri de ralliement pour l'artiste et ses fans.

"À bas la hess !" - la misère en arabe - clamait également une banderole en référence à "OhMonDieu Salva", anonyme s'étant fait connaître sur le réseau social Snapchat.

Louis Nadau