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"Il faut des actes": les syndicats de police déçus par le discours d'Emmanuel Macron

Des menottes jettées au sol lors d'une manifestation de policiers à Paris, le 14 juin 2020.

Des menottes jettées au sol lors d'une manifestation de policiers à Paris, le 14 juin 2020. - Thomas SAMSON / AFP

Au-delà d'une prise de parole qu'ils jugent "timide", les syndicats de police réclament "du concret", citant notamment une réforme de "l'académie de police" et le manque de moyens.

Au lendemain du discours d'Emmanuel Macron, les syndicats de police maintiennent la pression sur l'exécutif et réclament "des actes". Tandis que certains regrettent une prise de position trop "timide", d'autres exigent d'être reçus à l'Elysée.

"Les policiers ne demandent pas un excès d'amour"

"Sans ordre républicain, il n'y a ni sécurité, ni liberté", a déclaré le président de la République lors de son allocution, "cet ordre ce sont les policiers et gendarmes sur notre sol qui l'assurent". "Ils sont exposés à des risques quotidiens en notre nom", a-t-il affirmé dimanche soir.

"Nous ne sommes pas du tout rassurés par le discours de ce soir, au contraire. Nous, ce que l'on veut c'est du concret et surtout on veut que le ministre de l'Intérieur fasse machine arrière" sur les annonces de lundi, a expliqué à l'AFP un policier qui tient à rester anonyme. 

"Les policiers ne demandent pas un excès d'amour, ils demandent à être respectés", a réagi sur BFMTV David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des Commissaires de la Police Nationale, ajoutant:

"Ses mots étaient essentiels mais il faut maintenant des actes. Il nous faut les moyens qu'on réclame depuis longtemps. (...) Qu'on aborde le livre blanc de la sécurité intérieur, d'académie de police, de moyens, de la chaîne hiérarchique".

"Le président a apporté son soutien" aux forces de l'ordre, a tweeté de son côté le syndicat des officiers et commissaires SCSI, "il doit maintenant respecter ses promesses de campagne: académie de police, formation continue et généralisation des caméras piétons. Il doit aussi changer de braquet et mener une politique ambitieuse pour la sécurité du quotidien".

"Allocution timide"

Pour David Le Bras, l'interlocuteur des forces de l'ordre doit rester le ministre de l'Intérieur, à la différence du syndicat Alliance, qui demande à s'entretenir avec le président de la République.

"Chacun sait que le climat social risque de devenir plus tendu, reste à savoir si le président aura besoin de nous ou pas", a prévenu le syndicat Alliance.

"On pouvait s'attendre à mieux de sa part, des prises d'engagement sur certains actes", a regretté auprès de BFMTV Ivan Assioma, secrétaire national d'Alliance Ile-de-France, critiquant une "allocution timide".

"On aurait pu s'attendre à ce qu'Emmanuel Macron rappelle sa fermeté face aux agresseurs de policiers (et) rappeler que le policier a le droit à la présomption d'innocence", déplore le syndicaliste.
Esther Paolini avec AFP