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Harcèlement de rue: "J'avais l'impression d'être une lapine"

Une femme descend du RER (photo d'illustration).

Une femme descend du RER (photo d'illustration). - Jacques Demarthon - AFP

Toutes les femmes ont été victimes au moins une fois dans leur vie de harcèlement ou d'agression dans les transports en commun, mais la grande majorité n'ont jamais porté plainte. Témoignages.

Mains baladeuses, insultes, et agressions sexuelles dans les transports en commun: selon une récente étude du Haut conseil à l'égalité entre les hommes et les femmes, 100% des femmes en ont déjà fait au moins une fois l'expérience. BFMTV a rencontré certaines d'entre elles. 

Laurine, jeune femme brune et souriante de 27 ans, se souvient encore de l'homme qui l'a agressé il y a quelques années dans une rame de métro. "C'était une personne qui devait avoir l'âge de mon père, 55 ou 60 ans. Au bout d'un moment, je l'ai senti se frotter à moi, donc je me suis décalée. Mais il a continué à se frotter derrière moi..."

Elle n'a pas porté plainte

La scène se déroule en pleine heure de pointe, devant de nombreux témoins.

"J'avais l'impression d'être une pure lapine, que je n'étais pas une personne mais que j'avais juste un postérieur et qu'il voulait juste se faire du bien", se remémore-t-elle avec une mine de dégoût.

Pourtant, elle n'a jamais porté plainte pour cette agression.

"Après, pendant tout le trajet de retour jusqu’à chez moi, je me suis sentie sale. J’avais envie de me laver, de changer mes fringues, de les mettre à à laver. On se sent extrêmement sale", témoigne la jeune commerciale. 

"Il a commencé à mettre la main dans son pantalon"

Un cas loin d'être isolé. Une autre jeune femme, rencontrée par BFMTV, se souvient d'une agression d'un genre différent. Elle était assise tranquillement dans une rame de métro quand "soudain, un homme s'est assis en face de moi. Il a commencé à se toucher, et à mettre la main dans son pantalon..." Elle n'a pas porté plainte non plus

Pourtant, comme le rappelle Marie Hallibert, porte-parole d'Osons le féminisme, "une agression sexuelle est punie de plusieurs milliers d'euros d'amende, et même de prison. Et une main aux fesses, c'est déjà une agression sexuelle", insiste-t-elle. Selon le rapport du Haut Conseil, dans la moitié des cas, les victimes sont mineures lorsqu'elles subissent leur première agression dans les transports en commun. 
A. G. avec J. Van Aelst, D. Bouteiller et D. Couloume