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VIDEO. Harcèlement dans les transports: "une main sur les fesses, c'est une agression sexuelle"

Déclinée dans les transports et sur les réseaux sociaux, cette campagne vise à faire réagir et rappelle que le harcèlement dans les transports est passible de 5 ans de prison.

Gestes déplacés, commentaires désobligeants, insultes… Le harcèlement sexiste dans les transports fait l'objet d'une campagne nationale lancée lundi par le gouvernement, quatre mois après le lancement de la réflexion sur le sujet. Objectif: faire évoluer les comportements, et donner des outils pour faire réagir.

Dès lundi, des affiches et panneaux numériques dans les métros, gares et transports en commun de plusieurs grandes villes vont rappeler avec des mots parfois crus les situations auxquelles peuvent être confrontées les femmes. Ces affiches décrivent les interpellations d'un agresseur, représentées sur une ligne de métro fictive et devenant de plus en plus violentes à chaque station: de "Mademoiselle!" à "vous êtes charmante" ou "c'est pour moi cette petite jupe?", jusqu'à "je vais te serrer" et "répond sale chienne". En bout de ligne: "Stop - Ça suffit".

Elle poste la photo de son agresseur sur Facebook

D'autres affiches reflètent sur le même modèle la peur de la victime ou les hésitations d'un témoin, qui n'ose pas réagir par peur de représailles. Camille, elle, a pris son agresseur en photo et a l'a ensuite postée sur les réseaux sociaux.

"La police m'a contactée après l'avoir reconnu, et m'a demandé plus d'informations sur lui. Ils m'ont dit d'aller porter plainte", raconte-t-elle à BFMTV.

Mais rares sont les femmes qui vont jusque-là. Aujourd'hui, les associations féministes comptent sur le gouvernement pour changer la donne.

"Le grand intérêt de cette campagne c'est de remettre les harceleurs dans leur position de coupable", rappelle Héloïse Duché, du collectif Stop-harcèlement de rue. "La main sur la cuisse, les fesses ou les seins, quelqu'un qui se frotte contre vous, c'est considéré comme une agression sexuelle".

Cette campagne, également déclinée sur internet et les réseaux sociaux, rappelle les peines encourues par les agresseurs: 6 mois de prison et 22.500 euros d'amende pour injures ou menaces, cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende pour baisers forcés, mains aux fesses, frottements. Elle conseille aux victimes et témoins comment réagir, et rappelle les numéros d'urgence à contacter: le 17 ou 112, sms au 114 pour les sourds et malentendants.

Des expérimentations concrètes

Outre la campagne de sensibilisation, des expérimentations concrètes sont également menées en France: à Nantes, depuis le 1er novembre, on teste les arrêts à la demande dans les bus de nuit. A partir du 7 décembre, le numéro d'alerte de la SNCF (3117) sera également accessible par SMS, ce qui permettra de signaler une situation d'urgence plus discrètement qu'en téléphonant.

Dans un rapport remis au gouvernement en avril, le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) soulignait que 100% des utilisatrices de transports en commun ont subi au moins une fois dans leur vie du harcèlement sexiste ou une agression sexuelle, d'après des "consultations citoyennes" menées en mars auprès de 600 femmes de Seine-Saint-Denis et de l'Essonne.
Ariane Kujawski, vidéo: Antoine Heulard, Ludovic Samain, Océane Goannec et Caroline Dieudonné