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Guy Bedos prend la défense d’Yvan Colonna

Guy Bedos estime que Yvan Colonna est victime d'acharnement.

Guy Bedos estime que Yvan Colonna est victime d'acharnement. - -

Selon l'humoriste, Yvan Colonna est victime d'un "acharnement pénitentiaire". Le nationaliste corse a récemment dû changer de prison car il était soupçonné de préparer son évasion.

Le nationaliste corse Yvan Colonna vient de recevoir un drôle de soutien. Dans Corse-Matin, l’humoriste Guy Bedos a critiqué vendredi 16 août l’"l'acharnement pénitentiaire" dont serait l’objet celui qui a été condamné à la réclusion à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Erignac.

Yvan Colonna avait été transféré en juillet 2013 à la prison de Réau (Seine-et-Marne), alors que les autorités le soupçonnaient de préparer une tentative d’évasion. A l’époque, son avocat, interviewé par BFMTV, avait déclaré que cette décision visait à "empêcher Yvan Colonna de retrouver sa famille". Colonna, qui se trouvait auparavant dans la prison d'Arles, dans les Bouches-du-Rhône, souhaite être transféré dans une prison corse.

"Il faut qu'il en bave"

"Aujourd’hui, au lieu de le rapprocher [de ses proches], comme la loi l’autorise, on éloigne [cet homme] qui est considéré depuis dix ans comme un détenu exemplaire", explique Guy Bedos, membre de la Ligue des droits de l'homme (LDH).

L’humoriste, qui a entretenu une correspondance avec Yvan Colonna, regrette que la famille du nationaliste corse soit obligée de payer de "plus en plus cher" pour lui rendre visite. "La perpétuité ne suffit pas, il faut qu'il en bave", s’indigne Bedos, qui parle d’ "acharnement pénitentiaire".

Les avocats de Colonna ont lancé une procédure afin de lui retirer son statut de détenu particulièrement signalé (DPS), dans le but d'obtenir son rapprochement à la prison de Borgo, en Haute-Corse.

Présent aux côtés de l'humoriste, le représentant en Corse de la LDH, André Paccou, a ajouté que l'"on nous fabrique un homme irrémédiablement dangereux (...) nécessitant un traitement carcéral d'exception, avec en perspective, l'exil à perpétuité."

"Je l'aurais hébergé"

A la question d’un journaliste de Corse-Matin qui lui a demandé si derrière son engagement ne se cachait pas une volonté de "bien se faire voir" sur l’île – Bedos possède une résidence secondaire à Lumio en Balagne, en Haute-Corse – l’humoriste a simplement répondu "non".

Animé par "un goût profond pour la justice", Bedos s’est déclaré "choqué" depuis le début par le traitement judicaire de l’affaire. Il a affirmé s’être engagé en tant que membre de la LDH et non pas en tant qu'humoriste, de people ou de "pinzutu" (c'est-à-dire de continental).

L’humoriste est même allé plus loin, tout en assurant respecter "la douleur de la famille Érignac": "Si Colonna, un homme présumé innocent avec tout contre lui, était venu chez moi à l'époque pour demander l'hospitalité, je l'aurais hébergé".

M.K. avec AFP