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Gilets jaunes: un policier mis en examen à Bordeaux après la blessure d'un manifestant par un tir de LBD

Un policier a été mis en examen pour violences volontaires dans le cadre de l'information judiciaire ouverte après la blessure d'un manifestant touché par un tir de LBD à Bordeaux le 12 janvier 2019.

C'est une première dans le cadre des 313 enquêtes ouvertes pour des violences policières présumées illégitimes lors des manifestations des gilets jaunes. Un policier a été mis en examen pour "violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique avec ITT supérieure à 8 jours". Il est soupçonné d'être l'auteur d'un tir de LBD qui a grièvement blessé un manifestant lors d'un rassemblement à Bordeaux en janvier 2019.

Le 12 janvier précisément, Olivier Béziade, père de trois enfants et pompier volontaire de 47 ans, participe au rassemblement des gilets jaunes dans les rues de Bordeaux. Alors qu'il emprunte une rue, des policiers derrière lui, il est touché par une balle de LBD, ces lanceurs décriés depuis des mois. Des vidéos le montrent, gilet jaune sur le dos, allongé au sol, inerte. Des passants et des street-medics viennent le secourir avant qu'il soit évacué par des pompiers. 

"Grande satisfaction"

La scène avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux et l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) avait été rapidement saisie par la préfecture et le parquet. Une information judiciaire avait finalement été ouverte, mais pour l'instant le manifestant n'a toujours pas été entendu par la justice. "Ils ont mis ma vie en arrêt total", avait déclaré à BFMTV Olivier Béziade, victime d'une hémorragie cérébrale et resté quelques jours dans le coma après avoir été touché par le tir de LBD.

"Le préjudice de mon client est inquantifiable, a réagi auprès de BFMTV Me Romain Foucard, l'avocat du manifestant. Il souffre désormais de crises d'épilepsie, il a des pertes de mémoire. Son état de santé mettra du temps à être consolidé."

L'avocat fait part de sa "grande satisfaction" concernant la mise en examen du policier. Me Foucard fait savoir que les conséquences de cette blessure, qui pourraient être permanentes, seront au centre des discussions dans le cadre de l'information judiciaire.

Un policier "extrêmement affecté"

Le policier mis en examen est membre de la Brigade anticriminalité de Bordeaux. L'agent de police, toujours en fonction, "est extrêmement affecté par les conséquences de ce tir", a expliqué Me Laurent-Franck Liénard à l'AFP. "Jamais il n'a voulu faire de mal. Il reconnaît son tir et sa responsabilité mais il ne comprend pas comment il a pu toucher la tête. Il visait le torse". 

Cet homme, "formé et habilité" au maniement du LBD, est un "fonctionnaire exemplaire, remarquablement noté", a ajouté Me Liénard. "Ce n'est clairement pas un cow-boy, pas un violent". Selon l'avocat, il est nécessaire de mener des expertises balistiques pour voir si le tir à la tête ne serait pas dû à une "défaillance du matériel", arme ou munition.

Justine Chevalier