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Gilets jaunes: Bourges, Bordeaux, Nantes, Lille... le point en régions

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Ce samedi, au moins 84.000 gilets jaunes se sont rassemblés un peu partout sur le territoire. Si la violence semble avoir régressé dans son ensemble, plusieurs villes ont toutefois été le théâtre de heurts entre manifestants et forces de l'ordre.

Bourges, Bordeaux, Toulouse, Lille, Nantes... À trois jours du débat national censé apaiser leur colère, des dizaines de milliers de gilets jaunes étaient de nouveau dans les rues samedi partout en France. Au moins 84.000 manifestants ont été recensés au plus fort de la journée sur l'ensemble du territoire, selon des chiffres de l'Intérieur. Dans certaines villes, des heurts violents ont éclaté entre gilets jaunes et forces de l'ordre. BFMTV.com fait le point ville par ville.

Bourges

Selon un bilan en fin de journée, 6700 personnes se sont rassemblées à Bourges. Des figures du mouvement, comme Maxime Nicolle, alias "Fly Rider", ou Priscillia Ludosky, avaient appelé à se rassembler dans cette commune du Cher, choisie pour sa position centrale.

En début d'après-midi, plus de 5000 personnes manifestaient sur un parcours autorisé. Mais malgré une interdiction de manifester dans le centre-ville, environ 500 personnes sont parvenues à accéder dans le centre de cette commune médiévale. Des affrontements ont ensuite éclaté avec les forces de l'ordre. À 15 heures, 18 personnes avaient été interpellées, dont 15 préventivement. Selon la préfecture, il y a "peu de dégâts" dans Bourges. Onze personnes ont été blessés dont deux CRS.

Bordeaux

  • Comme les semaines précédentes, des violences ont éclaté à Bordeaux, devenue l'un des bastions du mouvement des gilets jaunes. Selon une source policière à BFMTV, 4500 personnes se sont rassemblées dans la capitale de Nouvelle-Aquitaine. Plusieurs centaines de gendarmes et policiers ont été mobilisés alors que la ville était survolée, comme chaque samedi, par un hélicoptère de la gendarmerie. La manifestation s'est soldée par quelques heurts entre protestataires et forces de l'ordre et 36 interpellations, selon la préfecture.

La place Pey-Berland au coeur de ville, où se trouve la mairie a été de nouveau le théâtre de débordements. En début de soirée, la situation s'était toutefois apaisée.

Nantes

Environ 2600 gilets jaunes ont défilé samedi après-midi à Nantes où quinze personnes ont été interpellés, notamment pour port d'arme, dégradations et jets de projectiles. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et d'une lance à eau quand des manifestants ont tenté de monter, avec une échelle, sur un mur protégeant la préfecture.

Des commerces ont été vandalisées, notamment une banque, une agence d'assurance et une chaîne de restauration rapide. Vers 16 heures, les manifestants continuaient de défiler à bonne distance des forces de l'ordre.

Toulouse

Selon un premier bilan policier, 5500 personnes se sont rassemblées à Toulouse, haut lieu des contestations des gilets jaunes de puis le début de la mobilisation. La mobilisation émaillée de violences et qui est la plus importante recensée officiellement dans la ville depuis le début du mouvement, le 17 novembre.

Des affrontements ont éclaté dans l'après-midi entre protestataires et policiers. La place du Capitole, où se trouve la mairie, a été noyée sous les gaz lacrymogènes, la police tentant de repousser des groupes très mobiles qui leur lançaient des projectiles et les chargeaient. Un canon à eau est venu en renfort de la police.

  • Caen

La mobilisation des gilets jaunes était en nette hausse samedi à Caen, où plusieurs milliers d'entre eux ont défilé dans le centre-ville dans une ambiance globalement festive, malgré quelques échauffourées en fin de journée. Selon une source policière, 3000 personnes ont défilé dans la ville normande.

Marseille 

À Marseille, près de 2700 personnes venues de toutes les Bouches-du-Rhône se sont rassemblées au départ du le Vieux Port aux alentours de 15 heures. Lors du parcours de la manifestation, le long des quais et vers la Préfecture, avant de revenir vers la Canebière, un automobiliste en colère sorti de sa voiture avec une matraque téléscopique a échappé de peu au lynchage. C'est l'intervention d'une dizaine de gendarmes casqués contraints d'utiliser une grenade lacrymogène qui l'ont découragé.

Après avoir dispersé la foule, des escarmouches entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté, avec une dizaine d'interpellations et dix policiers blessés par des projectiles, selon une source policière.

Lille

Des milliers de gilets jaunes ont manifesté samedi à Lille, une mobilisation en nette hausse par rapport à la semaine dernière. Partis de la place de la République, dans le centre, entre 1500 et 1800 personnes ont défilé selon la préfecture. Ils ont entamé leur parcours en chantant la Marseillaise, avant de scander "Castaner en prison" ou "Macron démission".

Lyon

Environ 1800 personnes ont manifesté samedi à Lyon, selon la préfecture du Rhône, qui fait état de 22 interpellations et de 6 blessés légers dont deux policiers. Après quelques affrontements, le calme était revenu vers 18 heures en centre-ville et sur l'autoroute A7 bloquée pendant près d'une heure dans les deux sens par des manifestants, à hauteur de la gare de Perrache, au sud de la ville. Les gilets jaunes ont été dispersés par les forces de l'ordre avec des tirs de gaz lacrymogènes.

Seuls de très petits groupes disséminés et mobiles continuaient de circuler, selon la préfecture, mais le calme régnait sur les deux places emblématiques de la ville, la place Bellecour et la place des Terreaux, ainsi que dans les rues commerçantes. Un peu plus tôt, en fin d'après-midi, dans l'hyper-centre, devant l'Hôtel Dieu en bordure du Rhône, les forces de l'ordre avaient dispersé des gilets jaunes qui tentaient de démonter des éléments de chantier.

Valentine Arama avec AFP