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Gilets jaunes: qui sont les casseurs?

Les auteurs des violences et des dégradations qui marquent chaque samedi de mobilisation des gilets jaunes présentent deux types de profils. Les casseurs sont en majorité membres de l'ultra-droite ou de l'ultra-gauche.

De nouveaux incidents ont émaillé la 13e journée de mobilisation nationale des gilets jaunes samedi 9 février. A Paris notamment, où 45 personnes ont été interpellées et 42 ont été placées en garde à vue, et où de nombreux dégâts ont été constatés. Du mobilier urbain et des distributeurs de banques ont été cassés, une dizaine de véhicules a été incendiée, principalement des voitures de luxe, mais aussi une voiture de la mission antiterroriste militaire Sentinelle.

Les institutions visées

En province la situation était également tendue. A Montpellier les forces de l'ordre ont été la cible de jets de pierres, à Lyon de violents affrontements ont éclaté et à Lorient les gaz lacrymogènes ont marqué la journée. Chaque week-end le constat est le même et les images de violences et de dégradations se répètent. Depuis le début du mouvement, des casseurs ont infiltré les cortèges de plusieurs villes de France. Mais leur profil varie.

Ils sont pour certains des membres de l'ultra-droite et ont pour but de s'attaquer aux lieux de pouvoir comme samedi, lorsque des affrontements ont éclaté devant l'Assemblée nationale à Paris:

"Ces personnes là appartiennent à des organisations qui sont plutôt hiérarchisées, avec un chef à leur tête et qui sont connues des services de renseignement. Leur volonté est de renverser les institutions, renverser le pouvoir établi. Il y a une logique de subversion", explique à BFMTV Guillaume Farde, spécialiste des questions de sécurité.

Confrontation avec les forces de l'ordre

D'autres sont issus de l'ultra-gauche et viennent spécifiquement pour en découdre. Leur objectif: s'approprier la rue en utilisant les techniques des black blocks, ces militants cagoulés et vêtus de noir, de plus en plus présents dans les manifestations:

"Vous avez notamment des inscriptions anarchistes et anti-capitalistes, de la destruction de mobilier urbain pour matérialiser votre présence. Vous allez casser, recourir à l'incendie volontaire, et enfin chercher la confrontation directe avec les policiers", poursuit Guillaume Farde.

Dimanche le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a lui estimé que "depuis quelques années, l'ultra-violence rentre dans nos manifestations". Il a également ajouté que l'individu à l'origine de l'incendie de deux véhicules à Paris était issu de "la mouvance anarcho-libertaire".

Manon Fossat