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Gilets jaunes: marche de soutien au manifestant qui a eu une main arrachée près de l'Assemblée

350 personnes se sont réunies à Argenteuil

350 personnes se sont réunies à Argenteuil - JACQUES DEMARTHON / AFP

Le cortège a réuni 350 personnes selon la police, derrière une banderole "Nos quartiers ne sont pas des champs de tirs".

Plusieurs centaines de personnes ont défilé ce jeudi soir à Argenteuil, dans le Val-d'Oise, en soutien à un trentenaire de la ville dont la main a été arrachée samedi lors de la manifestation parisienne des gilets jaunes

Le cortège, qui a réuni 350 personnes selon la police, a rejoint la sous-préfecture du val-d'Oise derrière une banderole "Nos quartiers ne sont pas des champs de tirs", en scandant notamment "Handicapés, blessés, tués, halte à l'impunité des policiers". Parmi les manifestants figurait Jérôme Rodrigues, devenu symbole des blessés du mouvement des gilets jaunes après avoir été blessé à un oeil lors de l'acte 11, le 26 janvier. Il affirme avoir été touché par un tir de lanceur de balles de défense (LBD).

Jérôme Rodrigues dans le cortège

Lors d'une conférence de presse avant la manifestation, Jérôme Rodrigues, qui a annoncé à la mi-journée avoir perdu définitivement l'usage de son oeil droit, a déclaré vouloir "essayer de faire réagir l'opinion publique sur le déni de démocratie qu'instaure Emmanuel Macron" et "lancer une alerte sur ce qui se passe aujourd'hui en France".

Le père et la soeur de Sébastien Maillet, qui a eu une main arrachée samedi par l'explosion d'une grenade près de l'Assemblée nationale, "n'ont pas souhaité évoquer son état de santé, son état d'esprit, ni les circonstances de sa blessure. "Je suis en colère contre ce qui se passe, je voudrais que toute cette violence s'arrête, qu'il n'y ait plus de telles armes utilisées. Malheureusement, il y aura d'autres yeux, d'autres mains", a déclaré Sandra Maillet, sa soeur, "très émue par tout cet élan de solidarité".

Une enquête ouverte par le parquet

Le parquet de Paris a ouvert une enquête, confiée à l'Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN). Elle devra notamment préciser quel type de grenade l'a blessé, une grenade GLI-F4 ou une grenade à main de désencerclement (GMD), deux armes jugées dangereuses par les manifestants qui réclament, comme pour le LBD, leur interdiction.

Selon le collectif militant "Désarmons-les", 20 personnes ont été gravement blessées à l'oeil -la plupart éborgnées- par la police depuis le début du mouvement des "gilets jaunes" le 17 novembre. 

Cyrielle Cabot avec AFP