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Gilets jaunes: Castaner annonce un dispositif "puissant" pour ce samedi

Lors d'une conférence de presse ce vendredi place Beauvau, Christophe Castaner et Laurent Nunez ont détaillé le dispositif sécuritaire qui doit entourer les manifestations des gilets jaunes ce samedi.

Ni d'un côté ni de l'autre, le relâchement n'est pour ce week-end. Alors que les gilets jaunes doivent à nouveau défiler ce samedi à Paris et dans toute la France, le ministère de l'Intérieur a annoncé quelle serait la configuration du dispositif policier prévu pour l'encadrer, lors d'une conférence de presse organisée ce vendredi après-midi place Beauvau.

"A nouveau une centaine de forces mobiles seront sur le terrain partout en France", a fait savoir Christophe Castaner face à la presse. Le ministre de l'Intérieur a décrit le dispositif comme "puissant et adapté", privilégiant les adjectifs et les périphrases aux chiffres.

Ce vendredi matin, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez avait prévenu sur les ondes de RTL: "Le dispositif ne sera pas allégé". Il avait alors évoqué la mobilisation d'une centaine d'unités mobiles dans le pays, c'est-à-dire environ 80.000 agents. 

"Loi anti-brutes" 

Christophe Castaner s'est en revanche montré plus disert sur la proposition de loi "anti-casseurs", qu'il a qualifiée de "loi anti-brutes": "C'est une partie de notre réponse. C’est une loi de protection, pas de circonstances", a-t-il assuré. Elle vise, selon le ministre, à "empêcher les violents de se glisser dans les manifestations. En aucun cas, les manifestants ne seront empêchés de manifester tant qu'ils ne sont pas identifiés comme des brutes". 

Christophe Castaner a également soulevé le sujet de l'emploi des armes intermédiaires par les forces de l'ordre. L'armement intermédiaire est une classe qui désigne les grenades lacrymogènes, les grenades de désencerclement, ainsi que le très contesté lanceur à balle de défense (LBD). Dans la journée, le juge des référés du Conseil d'Etat avait rejeté les demandes d'interdiction du LBD lors des manifestations à venir.

"Je prends acte de la décision du Conseil d'Etat", a commenté Christophe Castaner. Selon lui, en attendant la promulgation de la loi "anti-casseurs", les policiers ont "besoin" de tels outils. "Si les forces de l’ordre en étaient privées, elle n’auraient d’autres alternatives que le corps à corps ou l’usage de l’arme de service. Chacun voit bien où ça pourrait nous mener dans le contexte actuel. Je ne le veux pas", a-t-il ajouté. 

"C'est toujours un blessé de trop" 

Le ministre de l'Intérieur a aussi abordé le bilan humain de la mobilisation: "Si la loi était respectée il n’y aurait pas de blessés ni chez les gilets jaunes ni chez les forces de l’ordre. Je n’ai jamais vu la différence entre un blessé gilet jaune et un blessé policier, c’est toujours un blessé de trop". 

Robin Verner