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Délinquance en 2018: une année marquée par #metoo et les gilets jaunes

Dans le sillage du mouvement #MeToo, la lutte contre les violences sexuelles est devenue un enjeu pour les pouvoirs publics. - Bertrand GUAY / AFP

Dans le sillage du mouvement #MeToo, la lutte contre les violences sexuelles est devenue un enjeu pour les pouvoirs publics. - Bertrand GUAY / AFP - -

Les chiffres de la délinquance publiés par le ministère de l'Intérieur ce jeudi en disent long sur l'année 2018. Les gilets jaunes et l'impact du mouvement #Metoo sont au coeur des évolutions des chiffres de la délinquance.

Un bond des plaintes pour violences sexuelles dans le sillage de #Metoo et une "forte progression" des destructions de biens en fin d'année liés aux manifestations des gilets jaunes: l'année 2018 en matière d'insécurité et de délinquance a été marquée par deux grands mouvements sociaux.

Publié jeudi soir, le bilan annuel du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) "analyse des faits de délinquance enregistrés par la police et la gendarmerie en 2018". Ce document de 184 pages souligne notamment l'augmentation sensible du nombre de violences physiques et sexuelles constatées l'année dernière.

Forte hausse des plaintes pour violences sexuelles

Concernant les violences sexuelles, 2018 a poursuivi "de façon encore plus accentuée" la hausse observée les années précédentes. L'année dernière, les plaintes pour viols ont augmenté de près de 17% (19.200) et celles pour agressions sexuelles ont bondi d'environ 20% (28.900). 

Malgré leur hausse, les plaintes pour violences sexuelles restent bien en-deçà du nombre de victimes, selon les enquêtes de victimation. Dans l'ensemble, seule une victime de violences sexuelles sur huit (moyenne au cours de la période 2011-2017) a déposé plainte dans un commissariat ou une gendarmerie, rappelle ainsi le SSMSI.

L'organisme statistique explique cette hausse des plaintes par "le contexte de libération de la parole et de prise de conscience collective des violences faites aux femmes né de l'affaire Weinstein qui a éclaté en octobre 2017 et du mouvement #MeToo qui s'en est suivi". 

Ainsi en 2018, le nombre de victimes d'homicides s'élève à 845, après 825 en 2017 et 892 en 2016. Par ailleurs, le nombre de coups et blessures volontaires dépasse les 240.000 victimes, un niveau sensiblement plus élevé que celui enregistré les années précédentes.

Des dégradations de biens

L'autre fait social ayant eu un impact important sur les infractions constatées par les forces de sécurité est le mouvement des gilets jaunes en fin d'année 2018.

Le SSMSI constate une "forte progression" des destructions et dégradations de biens en fin d'année même si en 12 mois il enregistre "globalement une légère baisse" poursuivant ainsi une tendance pluriannuelle. 

Comparant les destructions et dégradations de biens publics et privés au cours des sept derniers samedi de l'année soit autant d'actes du mouvement des gilets jaunes, le service statistique enregistre des progressions très marquées des infractions: +237% d'incendies volontaires de biens publics, +87% de dégradations et destructions de biens publics, +28% de destructions et dégradations de véhicules privés. 

Les infractions pour violences sur personnes dépositaires de l'ordre public ne sont pas en reste avec une hausse de 183%.

Jeanne Bulant avec AFP