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Fusillade à Istres: la piste du tireur isolé?

La police sur les lieux de la fusillade, jeudi 26 avril, à Istres.

La police sur les lieux de la fusillade, jeudi 26 avril, à Istres. - -

Une fusillade à la kalachnikov survenue jeudi, en début d'après-midi, à Istres, dans les Bouches-du-Rhône, a fait trois morts et un blessé. La piste du tireur isolé est, pour l'heure, privilégiée.

Le tireur de la fusillade d'Istres a-t-il agi seul? C'est un des principaux points de l'enquête policière, alors que, jeudi, un jeune homme de 19 ans, armé d'une kalachnikov, a tiré sur des passants dans un quartier résidentiel d'Istres, dans les Bouches-du-Rhône, tuant trois hommes et blessant légèrement une femme. Il a ensuite été interpellé. BFMTV.com fait le point sur les premiers éléments de l'enquête.

> Tueur à pied

Trois morts en quelques minutes. La fusillade s'est produite peu après 14 heures, dans un quartier résidentiel situé au bord de l'étang de Berre. En quelques minutes, un jeune Istréen de 19 ans, se déplaçant à pied, kalachnikov à la main, tue deux hommes de 35 et 45 ans, des voisins en train de bricoler devant leur maison. Il tire ensuite sur une voiture et blesse légèrement la conductrice, âgée de 55 ans, à l'oreille.

"Comme du gibier". Toujours à pied, il se dirige vers une autre voiture, dont il ouvre la portière et abat le conducteur sexagénaire de plusieurs balles, avant de jeter son arme dans un fourré. "Il avait son fusil comme quand on chasse et qu'on avance vers du gibier", a raconté un résident du quartier, témoin de la scène. Selon un autre habitant du quartier, le jeune homme ne semblait "pas du tout" affolé après avoir commis ses crimes.

> "Problèmes psychologiques"

Sous contrôle judiciaire. L'homme a été interpellé très vite après les faits, par des policiers de la ville, à un rond-point, sans opposer de résistance. Né en juin 1993, il était sous contrôle judiciaire depuis un an pour des faits de port d'armes illégales, armes qu'il aurait achetées sur Internet. Selon les premiers éléments de l'enquête, il souffrirait de problèmes psychologiques.
Passion des armes. Arrivé sur place quelques heures après la fusillade, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a indiqué que "l'auteur a tiré parce qu'il possédait une arme de gros calibre", en l'occurence une kalachnikov. De son côté, le parquet a indiqué que le jeune homme est "un passionné d'armes", qui, dans ses premières auditions, ne s'est "revendiqué d'aucune idéologie". "Il dit qu'il ne sait pas trop ce qui lui a pris", a précisé une source proche de l'enquête. Quel lien avec les victimes? Quant à comprendre pourquoi le tireur s'en est pris à ces passants en particulier, le préfet de police Jean-Paul Bonnetain a indiqué que "rien à cette heure ne permet d'établir des liens" entre le tueur, qui résidait dans un autre quartier de la ville, et ses victimes.

> Un tireur isolé?

D'autres connexions? Les premiers éléments de l'enquête laissent penser que l'individu a agi de manière isolée. Mais les enquêteurs s'attachent toutefois à vérifier qu'il n'y a pas d'autres connexions criminelles. Lors de son arrestation, l'homme a en effet livré des informations ambiguës, expliquant appartenir à un groupe affilié à Al-Qaïda - groupe qui, selon des sources proches de l'enquête, n'existe pas.
Une interpellation à Paris. Face aux policiers, le tireur donne aussi le nom d'une personne censée commettre le même massacre dans une gare parisienne. Ce discours a mené à l'interpellation, dans la soirée, d'un individu âgé de 24 ans inconnu des services de police, dans le XVIIe arrondissement de Paris. Son domicile a fait l'objet d'une perquisition. Selon une source proche de l'enquête, le tireur d'Istres a expliqué avoir communiqué par Internet avec ce Parisien, qui lui aurait confié vouloir également passer à l'acte. Mais la réalité de ce projet criminel évoqué n'est, pour l'heure, pas établie, tout comme un éventuel lien avec un groupe terroriste.


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