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Enseignant décapité en région parisienne: que s'est-il passé lors de son cours sur la liberté d'expression?

Un professeur d'histoire-géographie a été décapité ce vendredi à Conflans-Saint-Honorine. L'assaillant a été abattu par la police. Le parquet antiterroriste s'est saisi de l'affaire.

Un enseignant d'un collège de Conflans-Saint-Honorine (Yvelines) a été décapité, ce vendredi en fin d'après-midi. Il a été tué par un homme âgé de 18 ans né à Moscou et abattu par balle par la police à Éragny (Val-d'Oise), une commune limitrophe, quelques minutes après son crime.

Le parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé à l'AFP s'être aussitôt saisi de l'enquête, ouverte pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Plaintes de parents

D'après nos informations, ce professeur avait été signalé récemment par des parents d'élèves, après avoir montré des caricatures du prophète Mahomet dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression et la liberté de la presse.

En tant que professeur d'histoire-géographie, il était également chargé d'enseignement civique et moral et c'est dans le cadre de cet enseignement, où l'on apprend notamment aux élèves à débattre, que le professeur a montré une image de Mahomet, le 5 octobre.

Un parent d'élève a dénoncé le contenu de ce cours et, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, a donné la version racontée par sa fille, en classe de 4e. Ce jour-là, selon la jeune fille, le professeur aurait demandé aux élèves musulmans de se signaler et de sortir. La jeune fille aurait refusé, et le professeur aurait indiqué que c'était parce qu'il allait montrer une image qui allait choquer. C'est après qu'il aurait montré la caricature de Mahomet, représenté nu, toujours d'après elle.

Des tensions auraient surgi dans les jours suivant ce cours et la diffusion de cette vidéo du père de l'adolescente. Des parents se sont plaints auprès de l'établissement scolaire. Une famille a même porté plainte contre ce professeur la semaine dernière.

Version différente de l'établissement

La version donnée par l'établissement n'est pas la même. Une semaine après les faits dénoncés par certains, la principale du collège a envoyé un message aux parents afin d'expliquer que le professeur avait bien indiqué à la classe qu'il allait montrer une image (de Mahomet), et que si des enfants étaient musulmans, ils pouvaient, s'ils craignaient d'être choqués, sortir dans le couloir ou bien détourner la tête.

Ce cours a été donné en classe de 4e et de 5e. La principale indique avoir reçu toutes les plaintes des parents et toutes les choses auraient été reprises afin d'être discutées.

Il y a eu un temps de parole dans toutes ces classes avec le professeur, avec la conseillère principale d'éducation (CPE) et la principale, où le professeur a reconnu une maladresse, parce qu'il n'a pas réussi à faire passer son message, mais il a ajouté qu'en aucun cas il n'avait été question de blesser les élèves. D'après les enseignants, les choses semblaient s'être calmées en début de semaine.

Véronique Fèvre et Cécile Ollivier