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EN DIRECT - Procès du 13-Novembre: des parties civiles dénoncent "l'indignité absolue" d'Abdeslam

EN DIRECT - Procès du 13-Novembre: des parties civiles dénoncent "l'indignité absolue" d'Abdeslam

David, partie civile au procès des attentats du 13-Novembre, le 15 septembre 2021 à Paris.

À la demande des avocats de la défense, le président de la cour d'assises spéciale donne la parole aux accusés avant d'aborder les premières constatations des enquêteurs.

"Ce soir-là, on a échoué", confie un enquêteur

L'enquêteur de l'antiterrorisme est revenu sur l'arrivé de ses hommes au Bataclan après l'attaque. "C'était qelque chose de difficile", souffle-t-il.

"On était sur Charlie Hebdo, on se retrouve sur quelque chose où on se dit ça va être ça mais en pire", poursuit le policier piussé par Me Jean Reinhart, avocat des parties civiles.

Il confie alors eu un sentiment "d'échec", même si "je ne suis pas certain qu'on avait les moyens de tout empêcher".

"C'est d'une indignité absolue", dénonce un rescapé après les déclarations d'Abdeslam

Les victimes ont été choquées par les déclarations de Salah Abdeslam qui affirmé qu'il n'y avait "rien de personnel" dans les attentats qui ne répondaient qu'à l'intervention de la France en Syrie pour lutter contre l'Etat islamique.

"J'ai l'impression qu'il arrive à dissocier l'acte qu'il a commis il y a 6 ans, c'est-à-dire porter une ceinture explosive, et de tuer des gens, estime David, rescapé des attentats. En tant que victime on a vécu ça, on a été visé, on a été personnellement touché et là d'un coup on nous dit ouvertement, 'c'est pas de votre faute, mais bon vous étiez là, pas de chance quoi', c'est d'une indignité absolue. C'est un manque de respect envers le vécu de toutes les victimes."

La vidéo d'Abdelhamid Abaaoud dans le métro projetée

Pour appuyer son propos sur le parcours des terroristes, l'enquêteur de la brigade criminelle projette la vidéosurveillance de la station de métro Coix de Chavaux à Montreuil. Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh viennent de perpétrer des attaques sur les terrasses du 10e et 11e arrondissement de Paris.

On peut y voir le terroriste passer par dessus le portique. Il discute avec un homme qui lui aussi vient de passer sans ticket, mais plus aisément. Ils plaisantent entre eux. Abdelhamid Abaaoud est reconnaissable par ses baskets orange. Un détail qui va permettre son identification grâce à un témoin, Sonia.

Les commandos n'avaient pas fait de recherches sur les lieux visés, sauf pour le Bataclan

La cour entend un enquêteur de la section antiterroriste de la brigade criminelle qui revient sur le déroulement des attaques. A la barre, le policier rappelle que les commandos avaient fait des recherches uniquement sur le Bataclan avant de passer à l'acte.

Le fait que les autres lieux auraient pu être visés sans préparation "reste une hypothèse". L'enquêteur rappelle que l'un des véhicules utilisés par les terroristes a, dans "l'après-midi des faits", fait un trajet au cours duquel les lieux auraient pu être repérés.

" Je reconnais ma participation aux attentats", dit Mohammed Abrini

Accusé d'avoir participé au financement des attaques et à la fourniture d'armes, Mohamed Abrini a pris la parole en avant-dernier.

"Je reconnais ma participation aux attentats. Comme l'a dit M. Attar, je ne suis pas Oussama Attar. Dans ce malheur qui a touché la France je ne suis pas le commanditaire ni le cerveau des opérations", a déclaré celui que la presse a surnommé "l'homme au chapeau".

Mohamed Abrini a fait savoir qu'il répondrait à toutes questions de la cour et "espère pouvoir amener toutes les réponses aux questions que les gens pourraient se poser".

Certains accusés clament leur innocence

Chaque accusé s'est levé pour prendre la parole. A commencer par ceux qui comparaissent libre. "A aucun moment j'ai voulu faire du terrorisme", a déclaré Hamza Attou, l'un des deux hommes venus chercher Salah Abdeslam à Paris le soir des attentats.

"On m'a collé une étiquette de terroriste, je ne suis pas un terroriste", a fait valoir Mohamed Amri, le deuxième compagnon de route de Salah Abdeslam.

La plupart des accusés ont "condamné fermement" les attentats. Je condamne ces attrocités. je souhaite beaucoup de courage aux victimes", a estimé Yassine Attar, insistant pour qu'on le distingue de son frère Oussama Attar, considéré comme l'ordonnateur des attentats du 13-Novembre, jugé en son absence.

"J'ai à coeur de m'expliquer, je suis innocent encore une fois", a-t-il précisé.

Des propos difficiles à entendre pour les parties civiles

Le moment est difficile pour les parties civiles. Dans la salle, certaines tremblent et se serrent dans les bras pendant que les accusés prennent la parole.

Salah Abdeslam justifie les attentats par l'intervention militaire de la France contre l'État islamique

Salah Abdeslam, qui a à plusieurs reprises perturbé le début du procès, vient de commencer à prendre la parole. "On a visé la France, la population, les civils mais on n'a rien de personnel contre ces gens-là", déclare-t-il. "On a visé la France et rien d'autre."

"Les avions français qui bombardent l'État islamique ne font pas la distinction entre l'homme, la femme et les enfants", poursuit-il, affirmant avoir voulu "faire subir à la France la même douleur que nous subissons".

L'accusé met en cause l'ancien président de la République François Hollande. "Quand il a pris la décision d'attaquer l'État islamique, il savait que sa décision comportait des risques", affirme-t-il. "Il savait que des Français et des Françaises allaient rencontrer la mort."

"Je sais que certains de mes propos peuvent choquer, heurter les âmes sensibles", ajoute-t-il. "Mon but est d'être sincère envers ces gens qui subissent une douleur incommensurable. Le minimum qu'on peut leur donner c'est d'être sincère. Je ne veux pas leur mentir."

La cour d'assises donne la parole aux accusés

Présents dans le box depuis une semaine, les 14 accusés vont avoir la parole. Le président de la cour d'assises a accédé à la demande des avocats de la défense qui estimaient que leurs clients s'exprimeraient trop tard lors de ce procès.

La cour souhaiterait connaître le "positionnement" de chacun par rapport aux faits et à leur implication dans la préparation des attentats. Ceux qui le souhaitent pourront s'exprimer.

La'audience se poursuivra ensuite avec l'audition des enquêteurs de la brigade criminelle, les premiers à avoir réalisé des constations sur les lieux des attentats.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV