BFMTV
en direct

EN DIRECT - Procès de Nordahl Lelandais: après l'audition des témoins, les experts légistes présentent leurs conclusions

Croquis d'audience montrant Nordahl Lelandais le 4 mai 2021 devant la cour d'assises de Savoie, à Chambéry

Croquis d'audience montrant Nordahl Lelandais le 4 mai 2021 devant la cour d'assises de Savoie, à Chambéry - Marie WILLIAMS © 2019 AFP

Au quatrième jour du procès, les témoins ont continué à se succéder à la barre ce jeudi matin. Un ex-voisin de cellule de Nordahl Lelandais a affirmé que l'accusé s'était livré à lui sur le meurtre du caporal, mais la fiabilité de son récit est remise en cause.

Un "moment très dur" pour les parties civiles cet après-midi avec l'exposé des expertises médico-légales

L’audience se poursuit ce jeudi après-midi avec les auditions de deux experts légistes qui ont analysé le crâne d’Arthur Noyer, retrouvé dans un ravin par des promeneurs. L'une des expertes a constaté une fracture du nez et de la mâchoire gauche sur la victime.

L’avocat des parties civiles a prévenu les parents et grands-parents de la victime que "ça allait être un moment très dur" et leur a conseillé de "sortir si besoin".


La fiabilité du témoignage de cet ex-voisin de cellule est cependant remise en cause

Si les allégations de cet ancien voisin de cellule ont quelque peu varié au fil des interrogatoires lors de l'enquête, elles ont représenté une charge de plus contre Nordahl Lelandais pour le magistrat instructeur. Mais, à l'audience, ces variations entâchent la fiabilité du témoin.

"Vous comprenez qu’en donnant deux versions differentes on se pose des questions sur la credibilité de ce que vous dites?", lui lâche le président. "Ah d’accord", répond-il simplement.

Reste à savoir si la confirmation de ses dires desservira encore l'accusé qui tente, depuis le début, de convaincre les juges et les jurés qu'il n'a pas tué volontairement Arthur Noyer.

Un ex-voisin de cellule de Lelandais dit avoir reçu ses confidences sur Arthur Noyer

La cour a également entendu un ancien voisin de cellule de Nordahl Lelandais. Il affirme que l'ancien maître-chien lui a raconté comment il a tué le caporal Noyer, mais aussi Maëlys de Araujo (dossier pour lequel il est également renvoyé devant les assises, en 2022), disparue à la fin du mois d'août 2017 en Isère.

Lors d'une discussion, il "s’est lâché. Il m’a dit qu’il avait pris Arthur Noyer en stop, qu’il lui avait demandé une fellation. Arthur n'a pas voulu, il est sorti pour pisser. Nordahl est arrivé, l’a frappé à la tête avec une pierre", déclare Farid, qui lui avait fourni de la cocaïne.

"Il m’a dit qu’Arthur Noyer ne bougeait plus, qu’il l’a mis dans le coffre. Après il a tourné en voiture, sûrement pour se débarrasser du corps. Je suis allé le dire. Je suis pas une balance, mais c’était grave ce qu’il avait fait", expose Farid devant les magistrats comme il l'avait déjà fait lors de l'instruction.

"Si j’avais accepté sa demande, on aurait évité un drame": une témoin exprime ses regrets

C'est ensuite Camille qui a pris la parole. La jeune femme a rencontré Nordahl Lelandais par le biais d'un site de rencontres. Elle raconte qu’il était toujours très insistant pour avoir des relations sexuelles et qu’il lui a envoyé des messages le soir de la mort d'Arthur Noyer.

Fatiguée, elle l'a éconduit en lui écrivant "calme tes pulsions, trouve-toi une autre meuf qui te dit tout le temps oui".

Quelques heures plus tard, il prenait Arthur noyer en stop. Camille dit à la barre:

"Je culpabilise car si j’avais accepté sa demande, on aurait évité un drame. Je suis désolée."

L'audience reprend avec la poursuite de l'audition des témoins

Pour ce quatrième jour de procès, l'audience a repris ce jeudi matin à 9h avec de nouvelles auditions de témoins.

La cour a notamment entendu une ancienne collègue et amie de Nordahl Lelandais qui a expliqué que l'accusé pouvait avoir des paroles violentes, même s'il n'en a jamais exprimé envers elle directement.

Elle estime qu'il y a "deux Nordahl, un ange et un démon".

"Jovial", "drôle", "sociable": les proches d'Arthur Noyer dressent son portrait au 3e jour du procès

Les amis du caporal de 23 ans ont décrit un homme "toujours de bonne humeur" et pas du tout agressif, contredisant ainsi la version avancée par l'accusé, Nordahl Lelandais.

>>> Retrouver notre article sur bfmtv.com

"Arthur nous donnait le sourire pour toute la journée", témoignent ses compagnons de bataillon

Deux autres amis du même bataillon qu'Arthur Noyer ont été entendus ce matin, après Vincent. Tous ont décrit un jeune homme jovial, drôle, sociable et toujours de bonne humeur.

"Il nous donnait le sourire pour toute la journée", a exprimé l’un d’eux.

Ils ont réaffirmé que le jeune homme n'était pas agressif, même sous l’emprise de l’alcool.

"Je n'ai jamais vu Arthur s'énerver une seule fois", raconte un de ses amis de l'armée

La cour va entendre treize proches et amis d'Arthur Noyer, ce mercredi. Vincent, 27 ans, un de ses amis de l'armée, est le premier à être interrogé. Il témoigne à distance, en visioconférence. Le jeune homme dit de la victime qu'elle était honnête et ne s’énervait jamais.

"Je ne l'ai jamais vu s'énerver une seule fois, ni porter de coups, ni même agresser quelqu'un. Arthur était jovial", affirme-t-il, contredisant ainsi la version de Nordahl Lelandais selon laquelle Arthur Noyer aurait entamé la dispute le soir de sa mort.

Par ailleurs, l'accusé a assuré que le caporal Noyer lui avait demandé de le conduire à Saint-Baldoph or, selon Vincent, "Arthur ne parlait jamais de Saint-Baldoph".

De nombreux curieux présents au tribunal

La file d'attente des curieux était longue ce matin pour tenter d'assister au troisième jour d'audience, signale notre envoyée spéciale Cécile Danré.

Nordahl Lelandais évoque toujours une bagarre qui a mal tourné

Lors du second jour d'audience mardi, Nordahl Lelandais a donné à nouveau sa version de la nuit fatale à Arthur Noyer. "Au moment de repartir pour rentrer chez moi, j'ai vu un homme, Arthur Noyer, qui était au niveau d'un rond-point, faisant signe de m'arrêter."

Il le laisse prendre place dans sa voiture grise et le conduit à Saint-Baldoph, près de Chambéry, à sa demande, raconte Nordahl Lelandais. Puis il dit s'être arrêté sur un parking. "J'ai senti un certain énervement" du caporal.

Quelques minutes plus tard, Arthur Noyer veut finalement retourner à Chambéry pour "s'expliquer avec les personnes qui lui ont volé son téléphone". "Moi je lui dis 'ça sert à rien'", dit l'accusé, qui met la main sur le mobile resté dans l'habitacle. "En lui tendant le téléphone (...) il m'a dit 'c'est toi qui l'as volé' !", raconte Lelandais.

Puis, "il me met un coup de poing", puis un autre. "De là s'engage une bagarre, je réplique avec des coups de poing, je me bats", poursuit l'accusé. Silence dans la salle des assises de Savoie.

"Sur le moment, je ne réalise pas, mais je vois qu'il est tombé. Je m'avance vers lui pour essayer de le réveiller. Je sens qu'il n'y a plus de mouvement de sa part", raconte-t-il, affirmant avoir improvisé un massage cardiaque.

Ensuite il reprend sa version de l'instruction: il hésite, puis décide de mettre le corps dans le coffre, tourne a proximité, près d'un lieu qu'il connaissait à Saint-Baldoph, avant de prendre la route pour le massif des Bauges où il déposera le cadavre.

"Désole Arthur": Nordahl Lelandais s'est adressé mardi directement au portrait de la victime

"Désolé Arthur": lors de son audition libre sur la nuit des faits mardi, Nordahl Lelandais s'est adressé directement, retenant ses larmes, au portrait posé aux pieds des proches d'Arthur Noyer, qu'il a de nouveau reconnu avoir battu à mort.

Pour la seconde journée de son procès pour meurtre, l'accusé a remonté le fil de cette nuit du 11 au 12 avril 2017 sans varier de la version donnée aux enquêteurs durant l'enquête et la reconstitution: une bagarre pour un motif futile qui aurait mal tourné sur un parking de la banlieue de Chambéry.

Alors qu'il évoque le corps du caporal Noyer gisant au sol, Nordahl Lelandais a baissé les yeux, laisse passer un silence, puis a déclaré, très ému, de son box face au portrait du caporal apporté par la famille: "Désolé Arthur. Je sais que tu es face à moi aujourd'hui. Je dis ce qu'il s'est passé. Désolé pour ta famille qui doit être très peinée de ce qu'elle entend, mais je vous dis la vérité."

"C'est du cinéma pour nous", a réagi devant la presse Bernard Boulloud, avocat de la famille Noyer. "Malheureusement il va faire souffrir la famille (...) jusqu'au bout. On a parlé de monstre hier, il y a toujours un monstre dans le Lelandais qu'on est en train de voir aujourd'hui", a-t-il insisté.

Troisième jour d'audience, des proches d'Arthur Noyer vont témoigner

Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau direct consacré au procès de Nordahl Lelandais, jugé pour le meurtre d'Arthur Noyer. En ce troisième jour d'audience, des amis et des proches du caporal tué en 2017 vont se succéder à la barre.

BFMTV