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En Corse, les Femmes s’élèvent contre la violence

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Dans une lettre ouverte, des "femmes corses contre la violence" ont exhorté le président François Hollande à "agir sans attendre" pour enrayer la spirale criminelle qui ensanglante leur île.

Suite à la série d’homicides commis en Corse, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a appelé les Corses à sortir de la fameuse loi du silence. Les femmes de Corse ont peu gouté cet injonction. "Aujourd'hui, Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, ignore-t-il les engagements de ses prédécesseurs et les préconisations de la commission d'enquête Glavany ? Comment peut-il stigmatiser la communauté corse en lui demandant de régler par 'sa parole' ce qui doit l'être par la police et la magistrature ?", demandent-elles.

En 1995, elles, les femmes de Corse se mobilisaient pour dénoncer les meurtres en série qui gangrenaient l’ile. Elles organisaient manifestations et pétitions. Aujourd’hui c’est dans une lettre qu’elles évoquent le "Manifeste pour la vie" rédigé en 1995 durant la guerre fratricide entre nationalistes et dénonçant "la loi des armes", l'"inertie" des élus et des autorités et "l'application de la loi", ces femmes considèrent qu'aujourd'hui "la situation a empiré" puisque la Corse est devenue "la région la plus criminogène d'Europe !"

"Le temps n'est plus aux déclarations d'intention"

"Durant toutes ces années, présidents et ministres de la République ont eu tous les moyens pour évaluer la gravité de la situation dans l'île, pour en analyser les causes et décider des solutions (notamment la mission parlementaire Henri Cuq en 1996, la commission d'enquête parlementaire Jean Glavany en 1998, les rapports annuels de la justice et ceux de la chambre régionale des comptes)".

Après l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, en 1998, rappellent-elles, 40.000 personnes avaient manifesté pour signifier "leur rejet de la violence et leur adhésion aux valeurs de l'Etat de droit républicain. Ils ont cru aux promesses du gouvernement Jospin et ont attendu que l'Etat mette en adéquation ses actes avec ses discours. Cette attente est restée sans suite", déplorent-elles.

Aujourd’hui "le temps n'est plus aux déclarations d'intention. Tout a été dit". Aussi, demandent-elles à François Hollande de "saisir l'urgence et la gravité de la situation [...] et d'agir sans attendre".