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Effondrement d'un balcon à Angers: l'entreprise de construction pointe du doigt l'entretien du bâtiment

Après la mort de quatre personnes et quatorze blessés samedi dans la chute d'un balcon, l'enquête devra déterminer l'origine de l'accident. BFMTV a rencontré un architecte, spécialiste de l'entretien de bâtiments, pour tenter de comprendre ce qu'il s'est passé.

Les personnes présentes lors de l'accident ont évoqué un bruit sourd. Deux jeunes filles recevaient une trentaine d'amis, samedi soir à Angers, à l'occasion d'une pendaison de crémaillère. La fête a viré au drame lorsque le balcon de l'appartement où se trouvait une quinzaine de personnes s'est effondré. Trois hommes âgés de 21 à 25 ans ont perdu la vie ainsi qu'une jeune femme de 18 ans. Quatorze personnes sont également blessées pendant l'incident. Comment expliquer le décrochement du balcon qui a entraîné sous son poids ceux des deux étages inférieurs?

Les jeunes étaient-ils trop nombreux sur une petite surface? Visiblement non, si l’on s’en tient aux normes en vigueur. Un balcon de ce type peut supporter 350 kilogrammes par mètre carré, soit environ une trentaine de personnes, or sur le balcon d’Angers les jeunes étaient au nombre de 15.

Façade d'un immeuble après l'effondrement d'un balcon à Angers le 15 octobre 2016.
Façade d'un immeuble après l'effondrement d'un balcon à Angers le 15 octobre 2016. © BFMTV

Maurice Blankenberg, architecte chargé de gestion et d'entretien d'immeubles, a analysé pour BFMTV les photos prises après l’effondrement. Elles apportent de précieux renseignements.

"Les traces d'humidité qu'on peut voir sur le mur, au coin des balcons, auraient interpellées n'importe quel professionnel. Je pense que les problèmes d'étanchéité du balcon et les problèmes d'eaux pluviales qui ne sont pas rejetées avec une pente suffisante sur la dalle du balcon sont à mettre en avant", a-t-il estimé.

L'entretien de l'immeuble

L’entreprise qui a construit l’immeuble se défend dans un communiqué de toute malfaçon. "La construction a été effectuée de manière classique, dans le respect scrupuleux des règles de l'art, et sous le contrôle de personnes chargées de vérifier la qualité de ce type d'ouvrage", a-t-elle assuré. 

BFMTV a rencontré Pascal Rouiller, architecte de la société Bonnel pour demander des précisions. "Ce que nous ne comprenons pas, c'est comment ce balcon a pu brutalement s'effondrer", a-t-il expliqué. "On pense, bien évidemment à l'entretien de l'immeuble, qui a été parfaitement conçu et construit, mais qui n'aurait pas été entretenu. Il n'aurait pas fait l'objet de maintenance correcte", a-t-il insisté en précisant "c'est à l'enquête de définir si la maintenance a été effectuée ou pas".

Une enquête pour homicide et blessure involontaire est ouverte, elle est confiée à la police judiciaire d’Angers et à la sûreté publique.

Elise Maillard avec Sophie Hébrard et Pierre-Emmnanuel Bécet