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Double meurtre de Montigny-lès-Metz: perpertuité requise contre Francis Heaulme en appel

Francis Heaulme est déjà condamné à la perpétuité pour neuf autres crimes.

Francis Heaulme est déjà condamné à la perpétuité pour neuf autres crimes. - Benoît Peyrucq - AFP

C'est le sixième procès qui s'est ouvert dans l'affaire des meurtres, en 1986 à Montigny-lès-Metz, de deux garçons de 8 ans. La cour d'appel de Versailles a requis la perpétuité contre l'accusé, Francis Heaulme.

Il pourrait de nouveau être condamné à la prison à perpétuité. Francis Heaulme comparaît depuis le 4 décembre pour le meurtre de deux enfants de 8 ans, commis en 1986 à Montigny-lès-Metz. Un crime pour lequel Patrick Dils a passé 15 ans à tort derrière les barreaux. Ce jeudi, la cour d'assises de Versailles a requis la réclusion criminelle à perpétuité, la même peine que celle prononcée en première instance, contre celui surnommé "le routard du crime".

Dans leurs réquisitions, les avocats généraux se sont appuyés sur un faisceau d'indices, malgré l'absence de preuves matérielles et d'aveux de l'accusé qui a toujours nié avoir été l'auteur du double meurtre.

"S'ils sont morts c'est qu'ils ont croisé celui qu'il ne fallait pas", a déclaré Guirec Le Bras, avocat général, en concluant son réquisitoire. "Donnez définitivement un visage à celui qui a fait disparaître les enfants, et ce visage c'est celui de Francis Heaulme".

"Aveuglement collectif"

Le 28 septembre 1986, Cyril Beining et Alexandre Beckrich ont été retrouvés morts, le crâne fracassé, sur un talus près d'une voie ferrée de cette commune située en périphérie de Metz. Francis Heaulme, incarcéré depuis 1992, a déjà été condamné pour neuf meurtres dont celui d'un enfant de 9 ans. Il purge notamment deux condamnations à la perpétuité.

Dans ce dossier, Patrick Dils avait d'abord été condamné puis innocenté avant que Francis Heaulme ne soit renvoyé devant les assises. "Le rôle du ministère public s'avère délicat, puisque nos représentants ont soutenu deux thèses différentes contre deux personnes accusées des mêmes faits", a rappelé l'autre avocat général, Olivier Mesrine.

Et d'ajouter: "Lorsque la justice s'est fourvoyée, égarée dans ce que mon collègue a appelé un 'aveuglement collectif', il nous faut le reconnaître et en tant que ses représentants, accepter les erreurs, si préjudiciables qu'elles aient pu être".

Le magistrat est longuement revenu sur la procédure de révision qui a abouti à l'acquittement de Patrick Dils, affirmant que Francis Heaulme est "la seule personne à devoir être jugée désormais".

Le procès qui se tient à Versailles est le sixième de cette procédure tortueuse dans laquelle toutes les preuves matérielles ont disparu. "L'ADN n'est pas la reine des preuves, pas plus que l'aveu", a estimé Guirec Le Bras. "Un fait doit être confronté aux autres éléments de l'enquête", a-t-il déclaré. Le verdict est attendu vendredi dans la journée.

Ambre Lepoivre avec AFP