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Disparition de Gérald Thomassin: "Il s'est passé quelque chose", témoigne, inquiet, son frère

Gérald Thomassin, dans le film de Jacques Doillon, "Le premier venu", en 2008

Gérald Thomassin, dans le film de Jacques Doillon, "Le premier venu", en 2008 - Pyramide Distribution

Gérald Thomassin, ancien espoir du cinéma français, mis en cause dans une affaire de meurtre, a disparu depuis fin août alors qu'il se rendait à Lyon pour une confrontation devant le juge d'instruction. Une enquête a été ouverte pour enlèvement et séquestration. Son frère Jérôme exprime son inquiétude et regrette le manque d'informations.

Depuis le 28 août dernier, Jérôme Thomassin vit dans l'inquiétude. Son frère Gérald est porté disparu. Ce jour-là, l'ex-espoir du cinéma français, tombé dans la marginalité et mis en cause dans une affaire de meurtre, devait se rendre à Lyon pour assister à une confrontation dans le bureau du juge d'instruction. Il a pris le train à Rochefort, en Charente-Maritime, a été verbalisé à bord, puis l'homme de 45 ans s'est évaporé. Une enquête pour disparition inquiétante puis pour enlèvement a été ouverte par le parquet de La Rochelle.

L'enquête a rebondi au parquet de Nantes où une information judiciaire est ouverte depuis quelques jours pour enlèvement et séquestration, le portable de Gérald Thomassin ayant borné pour la dernière fois à Nantes. Une passagère, qui l'a reconnu grâce à sa cicatrice, l'a d'ailleurs vu descendre du train. Gérald Thomassin devait alors prendre un TGV direction Lyon. "Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais il s'est passé quelque chose", s'alarme auprès de BFMTV Jérôme Thomassin, son frère, qui a décidé de rendre l'affaire publique.

Un rendez-vous judiciaire important

Gérald Thomassin a 16 ans quand il reçoit le César du meilleur jeune espoir masculin. Rapidement, le jeune acteur tombe dans l'alcool, la drogue et vit dans la marginalité, en buvant et faisant la manche. Il a vécu dans l'Ain puis depuis plusieurs années à Rochefort. "Il a fui plein de fois, il faisait le mort mais il revenait toujours, insiste son frère, qui ne peut croire à une fugue. S'il avait fui, depuis, il aurait téléphoné. S'il était en danger, il m'aurait appelé." 

Jérôme Thomassin rejette d'autant plus l'hypothèse d'une fuite volontaire que son frère aîné attendait ce rendez-vous judiciaire à Lyon: "Il voyait enfin la lumière pour sortir de cette affaire." Cette affaire, c'est celle du meurtre le 19 décembre 2008 de Catherine Burgod au relais communal de La Poste de Montréal-la-Cluse, petite commune de 3500 habitants dans l'Ain, où Gérald Thomassin vit depuis quelques mois. Placé en garde à vue une première fois en 2009, il est relâché avant d'être inquiété une nouvelle fois en 2013. Placé sur écoute, il s'accable et s'accuse du meurtre auprès de son frère.

"Il était complètement ivre mort quand il a tenu ces propos et ils l'ont mis en prison pour ça, déplore Jérôme Thomassin. Il était plein de connerie, mais ce meurtre, ce n'est pas possible."

L'inquiétude de son frère

Gérald Thomassin, clamant son innocence, est mis en examen, placé en détention provisoire puis libéré en 2015. Dans le même temps, un autre homme, considéré comme son complice, est mis en cause. Mais en 2018, une deuxième piste est envisagée: un ADN retrouvé sur les lieux du crime est identifié. Lui aussi est alors mis en examen. Les trois hommes devaient se retrouver face-à-face dans le bureau du juge le 29 août dernier. "Il était heureux d'y aller, assure Jérôme Thomassin. Quand il a décidé d'y aller, c'était pour aller jusqu'au bout."

Selon son frère, Gérald Thomassin était certes un marginal, mais la seule chose à laquelle il se tenait était ses rendez-vous toutes les semaines au commissariat afin de respecter son contrôle judiciaire. Ce 28 août, c'est son colocataire qui l'a accompagné jusqu'à la gare de Rochefort. Fragile, il était apeuré à l'idée de monter à bord du wagon. "Gérald est quelqu'un de vulnérable, il est fragile", insiste son frère Jérôme, qui regrette que les recherches pour retrouver son frère n'avancent pas. 

"Ca fait quand même deux mois qu'il a disparu, il faut que ça bouge, martèle Jérôme Thomassin qui a mis son quotidien entre parenthèses le temps des recherches. On ne disparaît pas comme ça, je suis très inquiet."
Justine Chevalier