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Procès Daval: la mère d'Alexia Fouillot regrette de ne pas connaître "la raison" du meurtre

La mère d'Alexia Daval, Isabelle Fouillot (C) quitte le palais de justice de Vesoul au quatrième jour du procès de Jonathann Daval, le 19 novembre 2020

La mère d'Alexia Daval, Isabelle Fouillot (C) quitte le palais de justice de Vesoul au quatrième jour du procès de Jonathann Daval, le 19 novembre 2020 - SEBASTIEN BOZON © 2019 AFP

Au quatrième jour de son procès, Jonathann Daval a reconnu pour la première fois avoir voulu tuer son épouse. Mais les parents de la victime attendent encore son mobile.

"On dirait qu'on parle à un mur", estime la mère d'Alexia Fouillot

À la sortie du quatrième jour d'audience, la famille d'Alexia Fouillot a une nouvelle fois exprimé sa frustration, alors que leur ancien gendre demeure "fermé" et refuse, selon eux, de "leur livrer la vérité".

"On dirait qu'on parle à un mur", a déclaré la mère de la victime face à la presse.

"La seule certitude qu'on a ce soir: c'est qu'il l'a massacré", a conclut leur avocat Me Gilles-Jean Portejoie.

Le frère de Jonathann Daval à la barre: "J'ai perdu deux personnes: Alexia et mon frère"

À la barre ce jeudi soir, un frère de Jonathann Daval a simplement déploré, en pleurant: "J'ai perdu deux personnes: j'ai perdu Alexia, j'ai perdu mon frère".

Un dessinateur du procès partage ses dessins sur BFMTV

Siegfried Mahé, dessinateur du procès Daval, a partagé sur BFMTV les dessins qu'il a pu réaliser dans la salle d'audience ce jeudi, alors que l'accusé était interrogé.

Le dessinateur de presse a notamment pu immortaliser le moment où a été diffusée dans la salle la vidéo de la reconstitution de la scène du crime, en particulier l'étranglement d'Alexia Fouillot.

"Je m'interdis de juger, j'ai devant moi un être humain", a ensuite commenté Siegfried Mahé, habitué à réaliser les portraits de tels protagonistes lors de procès. "J'essaie de capter son attitude émotionnelle, son comportement, c'est ça que je veux dessiner avant de dessiner un criminel ou bien une victime".

L'accusé s'est "emmuré", regrette la mère de la victime

La famille d'Alexia Fouillot sort du tribunal pendant la suspension. La déception est toujours palpable.

"On n'a pas le pourquoi, il s'est emmuré", déplore Isabelle Fouillot.

Et son avocat, Me Gilles-Jean Portejoie, d'ajouter: "Jonathann Daval est absent de son procès. On veut savoir quel a été l'élément déclencheur."

Le procès prend du retard, le verdict aura probablement lieu samedi plutôt que vendredi

Me Schwerdorffer demande à son client ce qu’il pense de l’affaire: "Je regrette", répond Jonathann Daval.

L’audience va se poursuivre avec des témoins ce soir. Mais le déroulé du procès a pris du retard, le président de la cour précise:

"Il est vraisemblable que le procès dure jusqu’à samedi", au lieu de vendredi.

L'audience est suspendue quelques minutes.

Engrenage

Place maintenant aux avocats de la défense. Me Ornella demande à son client s'il était à l'origine des la marche blanche et des autres hommages organisés pour Alexia Daval.

Réponse: "Non"
- "Aviez-vous envie d'y participer?"
- "Non."

L'avocate essaie de faire dire à Jonathann Daval qu’il ne pouvait pas assumer à l’epoque de ne pas y participer car il était déjà suspecté et qu’il est tombé dans un engrenage qu’il ne pouvait pas stopper.

Jonathann Daval assure ne pas avoir fait de repérage dans le bois avant le meurtre

Les avocats des parties civiles laissent la parole à l’avocat général. Il demande à Jonathann Daval pourquoi il n'a pas fui le soir du drame.

"Elle me retenait", répond-il.

L'accusé avait-il fait un repérage dans le bois avant le meurtre? "Non", affirme-t-il.

L'avocat général dit qu'il ne croit pas à la version de Jonathann Daval selon laquelle son épouse lui a demandé une relation sexuelle qu'il a refusée et qui a ensuite débouché sur une dispute.

Jonathann Daval n'a jamais évoqué leurs problèmes de couples avec Alexia Fouillot

Les questions des avocats des parties civiles à Jonathann Daval se poursuivent. Me Cathy Richard lui parle des "blackout" d'Alexia Fouillot: dans ces moments, "elle ne vous demandait plus rien, vous aviez la paix?" Il ne répond pas.

L'avocate reprend: "Est ce que vous lui avez parlé franchement une fois?"

- "De nos problèmes de couples, non."
- "Vous persitiez a dire qu’elle etait violente?"
- "Oui."

Jonathann Daval a menti pour "ne pas tout perdre"

L'audience a repris avec les questions des avocats des parties civiles.

Me Portejoie lui demande pourquoi s'est-il construit un alibi. "Cette personne, ce n'était pas moi. Je suis dans un autre état", à ce moment-là.

Pourquoi ne pas avoir parlé à ses beaux-parents? "Parce que sinon je perdais tout", répond l'accusé.

Intervient alors une autre question: pourquoi Jonathann Daval a-t-il inventé cette histoire de complot familial, accusant son ancien beau-frère et ses beaux-parents.

"Pour sortir de prison, pour sortir de cette situation", explique l'accusé.

Jonathann Daval vu par un médecin avant la reprise de l'audience

Jonathann Daval est vu par un médecin pendant la suspension d'audience. Ce matin, le président de la cour d'assises avait prévenu qu'un médecin serait présent toute la journée, après que l'accusé a passé la nuit à l'hôpital à la suite d'un malaise.

"Il y a un moment où il ne peut plus tergiverser", dit l'avocate des parties civiles

"Qu'est-ce qu'on veut de plus", demande l'avocat de Jonathann Daval

L'avocat de Jonathann Daval dit que le procès "va dans le bon sens" vers la manifestation de la vérité. Me Schwerdorffer a rappelé que son client "a reconnu l'intentionnalité" de son geste.

"Qu'est-ce qu'on veut de plus? La vérité ou une histoire?", demande-t-il.

Me Schwerdorffer fait référence aux hypothèses avancées par les parties civiles qui ont évoqué un meurtre post mortem ou une soumission chimique.

"On juge un meurtre, rappelle Me Schwerdorffer. On ne juge pas un féminicide, on ne juge pas un viol post mortem. Il va falloir à un moment que les victimes l'acceptent."

Jonathann Daval revient sur le moment où il a brûlé le corps de sa femme

Après avoir longtemps nié cet aspect du crime, Jonathann Daval est revenu sur le moment où il a brûlé le corps de son épouse dans le bois d'Esmoulins.

Il dit avoir enveloppé le corps d'Alexia la veille au soir et de s'être emparé d'une bombe inflammable le matin dans son garage.

Pourquoi avoir mis le feu au corps, demande le président. "Quand on met le feu à un corps, c'est pourr effacer les traces", reconnaît l'accusé.

Le président lui demande encore s'il avait voulu brûler certaines parties du corps et pas d'autres, alors que la tête, les pieds et les parties génitales d'Alexia étaient davantage carbonisés. Jonathann Daval nie.

"J'ai aspergé, je ne sais pas quelles branches ont le plus pris", explique l'accusé.

Est-il resté lorsque le feu a pris?

"Non aussitôt que le feu a pris, je suis parti... C'est dégueulasse", souffle-t-il avant de pleurer.

"Quand on fait ça c'est pour ne pas se faire arrêter"

Le président de la cour d'assises interroge Jonathann Daval sur ses motivations pour maquiller le meurtre de sa femme en faisant croire qu'elle était partie faire un jogging le lendemain du drame.

"Quand on fait ça, c'est pour ne pas se faire arrêter", admet l'accusé.

Jonathann Daval explique avoir été voir pendant la nuit à plusieurs reprises dans sa voiture où il avait mis le corps de sa femme, pour vérifier "si elle allait se réveiller ou pas".

"Je n'ai pas pris la bonne décision"

Jonathann Daval revient ensuite sur les moments qui ont suivi la mort de sa femme Alexia. Il dit avoir "paniqué", avoir "essayé de la réveiller". "Cétait trop tard", souffle-t-il.

Il décide alors de placer le corps dans sa voiture, garée à l'extérieur. "Je voulais cacher le corps pour ne pas la voir dans les escaliers", explique-t-il.

"J’aurais pu appeler les ambulances les gendarmes, mais je n'ai pas réagi comme ça. Je n'ai pas pris la bonne décision."

Jonathann Daval reconnaît avoir voulu tuer sa femme

Jonathann Daval reconnaît pour la première fois son intention de tuer. Après avoir plaqué violemment sa femme contre le mur, il lui a infligé des coups de poing.

"Je n’avais jamais donné de coups à qui que ce soit", assure-t-il. (...) J’avais de la colère, de toutes ces années, d’où l’étranglement... Pour qu’elle se taise."

Jonathann Daval parle clairement avec des phrases brèves. "Je l'ai saisie par le cou", dit-il encore.

Avant d'avouer: "Je lui ai donné la mort. Elle est tombée."

Le président lui rappelle alors qu’au tout début de l'affaire, il avait avoué avoir tué sa femme par accident. "Oui, je ne voulais pas l’admettre."

"Jai pété un câble, ca m’a mis hors de moi!", dit Jonathann Daval

La cour tente de comprendre pourquoi Jonathann Daval est passé à l'acte ce soir-là. Alexia a tenté de lui reprendre les clés de voiture, le couple "s'est poussé brusquement" jusqu'aux escaliers menant au garage. "C'est là que je l'ai plaquée contre le mur violemment", raconte l'accusé.

"La morsure m’a mis hors de moi (...) J’ai pété un câble, ça m’a mis hors de moi!", confie Jonathann Daval. L'accusé parle d'un "effet cocotte minute". Il évoque aussi une douleur "physique et psychologique" face aux humiliations de son épouse.

L'accusé explique qu'il y avait "des moments où ça se passait bien" dans son couple. "Mais sinon je m’enfermais au boulot. C’est pour ça que j’avais décalé mes horaires, ou j’allais chez mes parents." Il décrit alors une victime violente et dominatrice, et assure avoir pris sur lui.

"Les coups, ça arrivait mais la plupart du temps, c’était de la violence verbale, poursuit-il. Des coups qui parfois me faisaient mal, des coups de pied, des coups de genou même la nuit quand je l’empêchais de dormir. Donc des fois, je faisais aussi chambre à part."


Jonathann Daval a "plusieurs fois" quitté son domicile pour éviter les disputes

Jonathann Daval revient sur la soirée du drame. Il explique que quand ils sont rentrés du dîner chez ses beaux-parents, il a bu un digestif "pour retarder le coucher". Sa femme lui propose une relation sexuelle qu'il refuse. Pourquoi?, lui demande le président de la cour d'assises.

"Je savais que je n'allais pas pouvoir faire l’acte, explique l'accusé. C’était humiliant."

Jonathann Daval raconte que la relation avec sa femme Alexia s'est "beaucoup dégradée" après leur mariage en 2015. Lors de cette dispute, Alexia lui "fait des reproches". "C'était dur", dit-il.

Avant de détailler: "Elle dit que je ne veux pas d’elle, que je ne la désire plus. Elle me faisait souvent des reproches, j’acquiesce et je ne dis rien."

Ce soir-là, Jonathann Daval dit avoir voulu fuir pour "éviter une nouvelle humiliation". "C’était déjà arrivé plusieurs fois et je me réfugiais chez ma sœur qui habite la même rue", poursuit-il.

Son épouse décide de le retenir en voulant lui prendre des mains les clés de voiture. "Et là....", souffle Jonathann Daval sans terminer sa phrase.

"Je me sens mieux qu'hier soir", dit Jonathann Daval

À la reprise de l'audience, Jonathann Daval se lève. "Je me sens mieux qu'hier soir, pour le moment", dit-il interrogé par le président de la cour d'assises après son malaise de la veille.

Le magistrat lui explique que ses questions porteront essentiellement sur son passage à l'acte le soir de la mort de sa femme Alexia le 27 octobre 2017.

Jonathann Daval "ne parle que dans certains contextes"

L'avocat de Jonathann Daval ne s'est pas montré optimiste quant au fait que l'accusé pourrait faire de nouvelles révélations lors de son procès.

"Je ne suis pas persuadé que Jonathann Daval soit la clé du procès", a réagi Me Schwerdorffer.

L'avocat estime qu'un échange avec Isabelle ou Jean-Pierre Fouillot, les parents d'Alexia, pourrait être décisif.

"Cela pourrait déverrouiller Jonathann Daval, explique l'avocat. Il ne parle que dans certains contextes. J'ai peur que la cour d'assises soit trop glaciale, trop froide."

La cour va visionner la confrontation entre Jonathann Daval et les parents d'Alexia dans le bureau du juge d'instruction "où l'on voit Jonathann se livrer réellement avec une totale sincérité".

Les experts "ont donné des clés" pour comprendre Jonathann Daval

Me Randall Schwerdorffer s'est montré satisfait des éléments apportés depuis ce matin par les trois experts qui se sont succédé face à la cour d'assises.

Le dernier expert "a donné beaucoup de clés aux jurés de la cour d'assises pour comprendre le fonctionnement de Jonathann Daval, qui ne les apporte pas", a réagi son avocat.

Jonathann Daval présente "une agressivité refoulée"

Un troisième expert est entendu depuis 14h15 et la reprise de l'audience. Le psychiatre évoque les troubles obsessionnels compulsifs dont souffrent Jonathann Daval.

Selon l'expert, l'accusé présente "une personnalité de type obsessionnelle avec une agressivité refoulée". "Ce refoulement peut devenir explosif et on l’a vu au moment des faits", note le psychiatre.

"On est satisfait de ce qu'on a pu dire", confie la soeur d'Alexia

La soeur d'Alexia Fouillot a dit sur BFMTV que elle et sa famille étaient "soulagées" après l'audience de la veille. Mercredi, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot et Stéphanie et Grégory Gay ont pu témoigner devant la cour d'assises.

"On était satisfait de ce qu'on a pu dire", explique Stéphanie Gay, estimant avoir voulu "raconter qui elle était".

Stéphanie Gay a toutefois toujours un regret, que Jonathann Daval n'explique pas son geste. "Rien ne justifie un tel déferlement de violence, de haine, dit-elle. Le pourquoi, on n'arrive pas à l'imaginer."

Jonathann Daval veut "garder son emprise sur nous", dit le père d'Alexia

La famille d'Alexia Fouillot s'est félicitée des conclusions des experts sur la personnalité de Jonathann Daval.

"Les experts ont relaté beaucoup de points qu'on a évoqu hier, ça nous a conforté sur le regard qu'on porte sur ses atrocités", a réagi Stéphanie Gay, la soeur d'Alexia.

"Nous avons tous acquiescé au fait que c'est un enfant, ce n'est pas un homme", a abondé Isabelle Fouillot, qui dit de son ancien gendre qu'il "s'adapte à la personne en face de lui".

Les experts ont mis en lumière une part de "manipulation" et de "domination" chez l'accusé.

En ne disant pas la vérité, "il veut encore garder son emprise sur nous", a déploré Jean-Pierre Fouillot.

"Jonathann Daval n'est là que physiquement", dit son avocat

Au lendemain de son malaise, Jonathann Daval est de retour dans le box des accusés. Mais selon son avocat, l'incident d'hier a laissé des traces.

"Jonathann Daval n'est là que physiquement mais il n'est pas à 100% présent psychologiquement, a indiqué Me Schwerdorffer. Il n'est pas en connexion avec son procès, c'est une évidence."

Jonathann Daval doit être entendu cet après-midi par la cour d'assises.

"Son corps a parlé", dit un expert au sujet du malaise fait par Jonathann Daval

Le psychologue interrogé est revenu sur le malaise dont a été victime Jonathann Daval la veille dans le box des accusés. Pour lui, il s'explique par les nombreux mensonges avancé par l'accusé. Mis devant ses contradictions, il a craqué.

"Son corps a parlé, il ne pouvait plus échapper à ses deux personnalités qui étaient en train de se réunir, de se confronter en lui, la seule solution pour y échapper, c’était que son corps lâche", analyse l'expert.

Jonathann Daval victime "d'un traumatisme" pendant son enfance?

Le psychologue a évoqué à deux reprises l'hypothèse que Jonathann Daval aurait subi un traumatisme, probablement d'origine sexuelle, pendant son enfance expliquant son "immaturité".

"Il a dû subir un traumatisme dans sa petite enfance, très jeune, a déclaré devant la cour l'expert. À mon avis, ce traumatisme est d’origine sexuelle, quelque chose à dû se passer."

L'expert avait déjà évoqué cette possibilité lorsqu'il a détaillé les troubles obsessionnels compulsifs liés à l'hygiène dont souffre Jonathann Daval. Des troubles qui peuvent s'expliquer dans de nombreux cas par une agression sexuelle, dit le psychologue.

Jonathan Daval a toujours dit qu’il n’avait aucun souvenir d’une telle agression.

Jonathann Daval décrit comme "immature" et ne "supportant pas la rupture"

C'est un éclairage fort qu'a apporté le psychologue qui a examiné Jonathann Daval à la maison d'arrêt de Dijon.

L'expert a décrit à plusieurs reprises une personnalité "immature" qui "ne supporte pas la rupture" et qui a besoin d'être l'être aimé. Une personnalité qui peut conduire à la manipulation.

"Il appréciait beaucoup ce cocon que lui offrait sa mère, puis celui des parents d’Alexia. Il faut considérer Jonathann Daval comme un enfant. Il est incapable de prendre des responsabilités d’adulte. Quand il le faut, il fuit. D'où la manipulation et la séduction."

Hier, sa belle-mère lui avait intimé d'être "un homme" et de "prendre ses responsabilités".

Jonathann Daval écrit comme "égocentré", une personnalité favorisant le déni

L'un des psychologues qui a examiné Jonathann Daval a décrit un homme "egocentré", une "personnalité caméléon" pour s'adapter à ce que les autres attendent de lui.

"Cet ego a pu favoriser son déni", indique l'expert, qui décrit "une personnalité immature".

Selon le psychologue, Jonathann Daval a deux personnalités: un homme timide et effacé, voire soumis et un homme dominant.

Pour l'expert, le déni du meurtre de sa femme pendant trois mois apparaît "comme un mécanisme de défense". Il dit que Jonathann Daval a utilisé un mécanisme de projection pour commettre ce meurtre, c'est-à-dire qu’il désigne quelqu’un d’autre comme responsable de ses actes.

Jonathann Daval a menti pour ne pas "briser le cocon familial"

Le psychologue, qui a examiné Jonathann Daval à la maison d'arrêt de Dijon où il est incarcéré, est actuellement entendu par la cour d'assises de Haute-Saône. Il lui avait notamment fait raconter la nuit du drame. L'accusé avait décrit les tensions déjà présentes dans la voiture, puis les insultes, les coups.

Jonathann Daval a menti car il ne voulait pas "briser le cocon familial", dit l'expert.

Juste avant, le psychologue a évoqué les troubles anxiodépressifs dont souffre Jonathann Daval depuis son incarcération.

Il est également revenu sur la personnalité de l'accusé, un homme qui avait une mauvaise image de lui, qui avait été surpris qu'Alexia Fouillot s'intéresse à lui. Après leur mariage, les tensions sont apparues, selon Jonathann Daval, notamment en raison de ce désir d'enfant.

Selon le récit qu'en a fait l'accusé à l'expert, Alexia Fouillot serait devenue "insomniaque, agressive, elle ne le supportait plus". Elle aurait pris des somnifères et aurait fait ses fameuses crises.

"Qu'il lâche quelque chose", demande la mère d'Alexia

Les parents d'Alexia Fouillot ont fait part de leurs attentes après l'interruption du procès de Jonathann Daval, victime d'un malaise.

"Je veux savoir le pourquoi, c'est tout ce que je demande, insiste Isabelle Fouillot. Qu'il lâche quelque chose, qu'il aille au bout de la vérité."

Jean-Pierre Fouillot évoque un procès "fatiguant" et espère que l'audience va pouvoir reprendre "dans des conditions tout ce qu'il y a de plus normal" afin d'"aller au bout de cette histoire".

Le procès a repris, Jonathann Daval entendu cet après-midi

La quatrième journée de ce procès n'a pas repris directement avec la suite de l'interrogatoire de Jonathann Daval. La cour va écouter ce matin les dépositions d'experts en visioconférence.

"Je constate que vous allez mieux, indique le président de la cour d'assises Matthieu Husson. Votre état de santé est compatible et un médecin sera présent toute la journée. Hier soir, il était tard ou la charge émotionnelle trop forte, on n'a pas pu aller au bout de votre interrogatoire."

L'interrogatoire de Jonathann Daval va se poursuivre cet après-midi.

La soeur d'Alexia regrette les "réponses lacunaires" de l'accusé

A son arrivée au quatrième jour du procès du meurtrier de sa soeur Alexia, Stéphanie Gay a déploré les "réponses lacunaires" données par Jonathann Daval hier avant de faire un malaise.

"J'ai l'impression qu'il ne va pas aller plus loin", regrette Stéphanie Gay.

Selon elle, Jonathann Daval va confirmer la version qu'il a livrée sur le meurtre d'Alexia lors de la reconstitution en juin 2019. Stéphanie Gay se dit "frustrée" par les déclarations de l'accusé.

"Le verdict ne pourra pas être rendu vendredi", selon l'avocat de Jonathann Daval

L'avocat de Jonathann Daval ne pense pas que la cour d'assises pourra tenir son planning prévisionnel qui prévoyait que le procès prendrait fin vendredi soir.

"Le verdict ne pourra certainement pas être rendu vendredi soir", a affirmé Me Randall Schwerdorffer ce matin.

Le procès a pris du retard dès la deuxième journée avec l'audition du médecin-légiste qui a duré presque 9 heures. Ce jour-là, les parents d'Alexia Fouillot devaient être entendus, leur déposition avait dû être repoussée au lendemain.

Le procès va pouvoir reprendre

Les médecins viennent de donner leur aval: le procès de Jonathann Daval peut reprendre ce jeudi. L'accusé "a pu se reposer", "le médecin l'a considéré complètement apte à reprendre le procès", a déclaré l'avocat général. "Un certificat médical de compatibilité a été donné."

"Daval, la série": revoir les 4 épisodes en replay

Les quatre épisodes de Daval, la série, la série documentaire de BFMTV sur l'affaire, sont désormais disponibles en replay sur notre site et sur vos box Bouygues, Free, Orange et SFR. Vous pouvez également les retrouver en podcast.

Voici les liens pour les revoir:

Épisode 1. "Moi, Jonathann Daval"

•  Épisode 2.  "Le mensonge"

•  Épisode 3.  "Les aveux"

•  Épisode 4.  "Le face-à-face"

"Daval, la série" est disponible en replay sur les box et sur BFMTV.com
"Daval, la série" est disponible en replay sur les box et sur BFMTV.com © BFMTV

Une journée "très dense émotionnellement", avec les témoignages des proches d'Alexia Fouillot

La journée de mercredi avait été "très dense émotionnellement et très dure, avec des témoignages très forts" des proches d'Alexia Fouillot, a commenté Randall Schwerdorffer, l'avocat de Jonathann Daval.

Les parents de la victime, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot, qui ont longtemps considéré Jonathann Daval comme un fils, ont en effet livré à la barre des témoignages très durs contre lui : Jean-Pierre Fouillot a ainsi demandé "la peine maximale" contre Jonathann Daval, poursuivi pour meurtre sur conjoint et qui encourt la réclusion à perpétuité.

Isabelle Fouillot l'a elle exhorté à dire "la vérité", à être "pour une fois (...) un homme" et à prendre ses "responsabilités". La sœur d'Alexia Fouillot, Stéphanie, et son mari Grégory Gay, ont eux aussi témoigné et raconté leur "cauchemar".

"Je ne sais pas s'il aurait basculé s'il n'y avait pas eu ces quatre remarquables dépositions", a estimé leur avocat Me Gilles-Jean Portejoie. "Elles ont donné de lui une image qui à mon avis correspond à la réalité" et "qui l'ont secoué".

Jonathann Daval avait présenté ses "excuses" avant son malaise

Le malaise de Jonathann Daval s'est produit alors que le procès venait de rentrer dans le vif du sujet, avec deux moments extrêmement forts émotionnellement: les dépositions des parties civiles et l'interrogatoire de l'accusé.

Pris sous le feu roulant des questions du président Matthieu Husson qui le pressait d'expliquer sa relation compliquée avec Alexia, notamment leur difficulté à concevoir un enfant, Jonathann Daval a soudain blêmi, avant de s'effondrer, au bout d'environ trois quart d'heure d'interrogatoire.

Avant son malaise en pleine cour d'assises, le frêle trentenaire, la voix étranglée par l'émotion, avait présenté ses "excuses", notamment aux parents d'Alexia pour leur avoir "pris leur fille", tout en qualifiant son geste de "pas excusable". Il avait également réitéré sa version des faits: il a tué Alexia lors d'une violente dispute conjugale.

Le procès suspendu à l'état de santé de Jonathann Daval

Bonjour à tous et bienvenue dans ce direct consacré au procès de Jonathann Daval. Interrompu mercredi soir après un "malaise vagal" de l'accusé en plein interrogatoire, il devrait reprendre ce jeudi mais reste suspendu à l'état de santé de l'accusé, qui devait passer un examen.

"Selon un premier diagnostic, il a fait un malaise vagal" mais son état de santé est "rassurant", a indiqué mercredi soir l'avocat général, Emmanuel Dupic. "A priori, il devrait être là" jeudi matin, estimait l'un de ses avocats, Me Randall Schwerdorffer.
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