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Diffamation: Christian Estrosi gagne en appel contre le journaliste David Thomson

Estrosi candidat à sa succession à Nice

Estrosi candidat à sa succession à Nice - DR

Le maire de Nice avait porté plainte pour diffamation contre l'auteur du livre "Les Revenants", dans lequel un interlocuteur critiquait l'inaction de la ville contre un recruteur de jihadistes niçois Omar Omsen.

Le maire de Nice Christian Estrosi a obtenu gain de cause en appel dans le procès en diffamation qu'il avait engagé contre le livre Les Revenants du journaliste de RFI David Thomson, a annoncé la ville de Nice ce dimanche dans un communiqué.

3000 euros de dommages et intérêts

David Thomson, poursuivi avec son éditeur Olivier Betourne pour "complicité de diffamation envers un dépositaire de l'autorité publique", a été condamné le 22 octobre par la cour d'appel d'Aix-en-Provence à payer 3000 euros de dommages et intérêts, indique le communiqué, ajoutant que "cette décision de justice confirme que les propos tenus portaient atteinte à l'honneur et à la considération de Christian Estrosi".

Dans Les Revenants, publié au Seuil en 2016, David Thomson rappelait que Nice a été un important vivier de jihadistes français et donnait la parole à un jeune Niçois rentré de Syrie qui reprochait à Christian Estrosi de n'avoir rien fait pour neutraliser la propagande du recruteur niçois Omar Omsen, de son vrai nom Oumar Diaby.

"Pourquoi avoir attendu notre départ, avoir attendu le départ de tous ces Niçois et de tous ces Français pour enquêter, alors que Omar Diaby était bien connu ? Quand je suis parti, ça devait être la sixième ou la septième saison de ses vidéos, ça faisait des années qu'il était dessus, pas juste quelques mois, donc ils savaient les intentions d'Omar Diaby", s'interrogeait ainsi ce témoin cité dans le livre.
"J'en veux au maire de Nice parce qu'il était au courant de tout ça, il a laissé faire", ajoutait ce jeune, sous le pseudonyme de "Quentin".

Diaby, chef d'une brigade de jihadistes français en Syrie

Ancien délinquant franco-sénégalais devenu prêcheur, notamment via internet, Omar Diaby travaillait en 2012 dans un snack halal à Nice avant de rejoindre la Syrie en 2013, où il avait pris la tête d'une brigade jihadiste composée de jeunes Français, pour la plupart originaires comme lui de la région de Nice.

"On peut être un journaliste reconnu, ayant remporté le prix Albert-Londres, cela ne le place pas au-dessus des lois et ne lui permet pas d'écrire n'importe quoi sans aucune prudence ni même un minimum de vérification préalable", a réagi Me Adrien Verrier, l'avocat de Christian Estrosi, cité dans le communiqué de la ville.

Après le jugement de première instance, qui avait débouté Christian Estrosi, David Thomson avait salué sur Twitter une "petite victoire du journalisme contre la post-vérité politique".

E.P avec AFP