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Deux soutiens médiatiques au procès Bonnemaison

L'ancien ministre de la Santé Bernard Kouchner a défendu vendredi pendant une heure le docteur Bonnemaison.

L'ancien ministre de la Santé Bernard Kouchner a défendu vendredi pendant une heure le docteur Bonnemaison. - -

Bernard Kouchner, ancien ministre de la Santé, est venu témoigner vendredi matin au procès pour empoisonnement à l'encontre de Nicolas Bonnemaison. L'ancienne ministre chargée des Personnes âgées, Michèle Delaunay, a fait de même vendredi après-midi.

Le docteur Nicolas Bonnemaison a fendu la foule pour remercier Bernard Kouchner de son soutien devant la Cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques, à Pau vendredi matin. Le huitième jour de procès du médecin pour "l'empoisonnement" de sept patients a été marqué par deux témoignages médiatiques.

Kouchner: "Une responsabilité terrible des politiques"

L'ancien ministre de la Santé, Bernard Kouchner, a défendu pendant une heure le médecin. "Monsieur Bonnemaison ne mérite pas le terme d'assassin", selon le cofondateur de Médecins sans frontières et Médecins du Monde. "Il est un homme qui a été isolé. C'est sûrement la place de la mort à l'hôpital et dans notre société qu'il faut transformer", a-t-il ajouté à sa sortie du tribunal, précisant que la loi allait changer.

"Il y a une responsabilité terrible des politiques, dont moi, pour ne pas avoir forcé assez vite le vote d'une loi sur la fin de vie", a également dit Bernard Kouchner.

Delaunay: "Il est nécessaire de faire évoluer la loi"

Michèle Delaunay était appelée à témoigner à la barre vendredi après-midi au procès du docteur Bonnemaison. "Je ne crois pas qu'aucune loi ne puisse couvrir tous les champs du possible. Il restera toujours une place pour la conscience", a dit l'ancienne ministre en charge des personnes âgées, également cancérologue.

"Je ne pense pas que la mentalité du docteur Bonnemaison ait été celle d'un meurtrier", a-t-elle ajouté.

Mardi déjà, le député UMP Jean Leonetti, "père" de la loi du 22 avril 2005 portant sur la fin de vie, avait été entendu comme témoin. "Nicolas Bonnemaison n'est pas un assassin", estimait l'élu des Alpes-Maritimes, médecin cardiologue de profession. "Mais dans un contexte particulier il a choisi l'illégalité, la transgression. (...) La plus grave au droit pénal". Si le texte de Jean Leonetti autorise le corps médical à mettre fin à l'acharnement thérapeutique - "l'obstination déraisonnable" -, il n'autorise pas l'euthanasie active.

Nicolas Bonnemaison, accusé d'avoir abrégé la vie de sept patients en phase terminale en 2010 et 2011, comparaît jusqu'au 27 juin. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

K. L. avec Benoit Petit